2 000. C’est le nombre de jeunes qui passent chaque année au Corum Saint-Jean. Un établissement immense dont il faut assurer sa communication… Et c’est là qu’intervient Sylvie Pallot ! Responsable de communication depuis janvier 2025 au Corum, Sylvie retrace ici ses missions et son parcours. A retrouver dans cet article ou en podcast sous ce lien.

Bonjour Sylvie, peux-tu déjà nous expliquer ce qu’est une chargée de communication ?

Alors, une chargée de communication, en l’occurrence au Corum Saint-Jean, s’occupe de mettre en lumière et de rendre compréhensible toutes les actions de l’association.

Cela se passe au niveau de la communication interne. Je vais travailler avec les salariés, mais aussi avec les résidents du Corum. Puis il y a le volet de la communication externe. Là je dois faire comprendre toute la philosophie, toutes nos valeurs et nos actions. C’est aussi faire le lien entre la direction et l’extérieur.

Mais qu’est-ce donc le Corum Saint-Jean ?

Le Corum est une institution qui a plus de 130 ans. Donc c’est vraiment un lieu historique sur Clermont-Ferrand. Un foyer de travailleurs, comme souvent les gens l’appellent, qui a pour mission d’accueillir des jeunes de 16 à 30 ans. Ce sont des travailleurs, des apprentis, des alternants, des jeunes en réinsertion et également une petite partie d’étudiants. Je peux te résumer le Corum en 3 mots clés : héberger, nourrir et accompagner.

Et que cherchent les jeunes en venant ici ?

Les jeunes, je pense qu’ils cherchent la sécurité. Ils cherchent l’hébergement avant tout, évidemment, parce que c’est un lieu qui permet de se loger facilement à moindre coût.

Mais une fois qu’ils arrivent, ils trouvent aussi une partie éducative d’accompagnement. Nous permettons à des jeunes, dotés d’un profil plus ou moins ancré dans la société, de se diriger vers l’autonomie en tant qu’individu.

 

« Nous sommes constamment dans un mouvement de vie total. »

 

Qui plus est, le Corum Saint-Jean, ce n’est pas seulement de l’hébergement. Il existe, par ailleurs, d’autres services à côté.

Oui effectivement. Le Corum Saint-Jean est un lieu de vie qui souhaite s’inscrire dans le territoire. Un lieu vivant qui est en lien véritablement avec tous les acteurs de la région. Et cela passe notamment par des offres de location de salles pour des séminaires, des réunions d’entreprises ou de particuliers. Typiquement, on y accueille les Arts en Balade, ce qui renforce nos propositions culturelles pour les résidents et pour Clermont-Ferrand.

On présente aussi une offre de restauration à travers le self et le snack. Et beaucoup de gens ne savent pas, Lucas, que cette offre n’est pas exclusivement réservée aux résidents du Corum Saint-Jean. Il est ouvert à tous les particuliers et toutes les entreprises, sous couvert d’une adhésion de 10 € par an à l’association.

Donc le Corum n’est pas renfermé exclusivement sur ses résidents ?

Non du tout. L’objectif est à la fois de recevoir un public extérieur et de créer du lien social chez les résidents. Et les projets, comme celui avec les Arts en Balade, encouragent à cette ouverture. L’équipe animation aide les jeunes à créer des œuvres pour l’exposition des Arts en Balade, et tu remarques tout leur engagement. Tu le comprends maintenant, nous sommes constamment dans un mouvement de vie total pour faire lien entre résidents, salariés et personnes extérieures.

 

« Au service de l’éducation populaire. »

 

Et au quotidien, est-ce que le Corum propose des activités aux jeunes, comme des ateliers ?

Complètement. Au Corum, il y a une équipe d’accompagnement, une équipe éducative et une équipe dédiée juste à l’animation. Donc quand un jeune vient habiter, au-delà de la prestation d’hébergement, de restauration et d’accompagnement au niveau social, il bénéficie aussi de cette offre d’animation.

Typiquement cette semaine, l’équipe d’animation, en collaboration avec la Boutique Logement, a organisé une semaine thématique sur tout simplement le logement. Donc tous les soirs, elle tenait des animations ouvertes aux jeunes en lien avec cette thématique.

Ensuite, tous les mardis soirs, les jeunes peuvent assister à un cours de sport gratuit. Et nous organisons également des sorties culturelles à la Comédie de Clermont-Ferrnand, au ski, au bowling,… Une grande variété d’activités !

Si tu devais, comme ça, lister quelques valeurs qu’on pourrait associer au Corum Saint-Jean, ce seraient lesquelles ?

La valeur première, c’est l’éducation populaire. C’est vraiment l’ancrage du Corum. Je note aussi la valeur de partage, la valeur d’empathie, la valeur d’écoute. Il faut savoir qu’on est une cinquantaine de salariés, quand même l’air de rien, avec des corps de métiers complètement différents. Et il n’empêche que chacun travaille pour cette seule et même valeur : au service de l’éducation populaire pour accompagner les jeunes. Donc c’est vraiment ça le plus important.

Une mission de mise en valeur des résidents

Alors, tu nous as dit en amont que ton travail se résumait notamment par la communication interne. Est-ce que tu peux nous détailler tes missions à vocation interne ?

Alors la communication interne, comme je te disais, c’est d’abord à destination des salariés. Je facilite les rouages, en interne, de la communication en leur mettant à disposition des outils.

Lesquels ? A travers ma fonction de graphiste, tout simplement, je leur propose des supports visuels écrits. Cela se matérialise par des affiches d’information sur les prochains événements au Corum. Je leur transmets aussi une newsletter interne, diffusée avec le bulletin de salaire. Et la communication interne comprend enfin tout ce qui est de l’ordre des horaires et de toutes les informations dont ils peuvent finalement avoir besoin.

Et je rajoute à tes missions internes les portraits de jeunes résidents que tu publies en ligne. Tu les filmes 2 minutes et tu les questionnes sur leurs habitudes et leur singularité. Pourquoi uses-tu de ce format ?

Les petites capsules vidéos montrent en fait le côté éclectique des profils des résidents. Ces vidéos, elles confirment que les résidents font partie d’un tout. Et elles contribuent aussi au fait qu’ils se découvrent entre eux dans leur multiplicité et dans leur singularité.

Étonnamment, la question qu’il revient le plus dans ces capsules porte sur l’émoji qui représente le plus les résidents. Pourquoi cette demande revient ?

L’émoji représente une personne, il dissimule un trait de caractère. Ces vidéos prennent la forme d’un portrait chinois qui simplifie la communication avec autrui. Et tout le monde connaît les émojis, surtout les jeunes qui baignent dans cette culture. Ça leur vient spontanément et cela permet de créer le lien.

 

« On m’a appelé pour travailler définitivement à La Montagne. »

 

Et toi, quel émoji te caractérise ?

Alors moi, l’émoji qui pourrait me représenter ça pourrait être l’émoji avec l’index devant la bouche 🤫. Il symbolise la réflexion, l’observation et l’écoute. Et pour reprendre ces valeurs, je peux aussi adopter l’oreille 👂. Ou je peux même également retenir l’émoji sourire 😁, parce que je suis ultra enthousiaste de travailler ici en fait.

Tu travailles, en effet, ici depuis janvier 2025. Sauf que ta carrière n’a pas débuté en janvier 2025. Peux-tu nous faire un retour sur ton parcours ?

Pour commencer, à l’université j’ai fait un master en communication des entreprises et collectivités. Et j’ai eu l’opportunité, pendant mes études, de travailler en tant qu’auxiliaire de rédaction au journal La Montagne. Donc je faisais de la com’ la semaine, alternant avec La Montagne le week-end.

Ce qui fait que de fil en aiguille, on m’a appelé pour travailler définitivement à La Montagne. Après mon mémoire, j’ai donc intégré l’équipe communication en tant que rédactrice graphiste, puis en tant que cheffe de produit marketing lecteur. Ensuite, mon envie de regoûter au journalisme m’a motivé à devenir journaliste multimedia, toujours à La Montagne, jusqu’en 2017.

Journaliste et communicante : Sylvie possède les 2 faces de la même pièce

Vu que toi, tu as les doubles visages, un passé de journaliste et un présent de communicante, tu es à même d’évoquer les 2 rives de la rivière de l’information et de la communication. D’abord, quelles similitudes et différences repères-tu entre les journalistes et les chargés de communication ?

Pour moi, le journaliste et le communicant ont pour même vocation d’être en quête de l’information. Ils la rationalisent, la structurent et la transmettent.

Et dans un second temps, je pense que la différence majeure se trouve être l’intention. Le journaliste, il a l’ambition de questionner les sujets. Il va chercher l’info avec une certaine distance et du recul qui sont nécessaires.

Alors que le communiquant, lui, il va évidemment mettre en lumière un projet. Et il sera vraiment à son service. En l’occurrence, pour moi c’est le projet de l’association du Corum.

Dans les deux cas, que ce soit la rédaction journalistique ou les contenus de communication, est-ce que tu écris de la même manière ? Qu’est-ce qui change ?

Pas du tout, non. Comme je te le disais, le journaliste a une prise de distance obligatoire. A partir du moment où tu fais un sujet en tant que journaliste, tu as un angle précis et tu vas aller vérifier différentes sources pour confronter la réalité. Par conséquent, ton article va dépendre de ton angle de départ et de tes recherches finales.

Quand tu es communicant, tu transmets la réalité comme le voit ton organisation. Moi, je suis dans la réalité du Corum Saint-Jean. Lorsque je prépare un communiqué de presse, je ne le fais jamais toute seule. C’est important de t’imprégner des valeurs de l’institution, de l’expérience et des connaissances de gens qui sont présents ici depuis des années. Donc au Corum, j’organise à chaque fois des réunions flash avec les équipes et les membres historiques pour les questionner. Et ce n’est qu’après que j’écris mon communiqué.

 

« Toute cette réflexion prend naissance grâce à la petite accroche. »

 

Et quand tu souhaites faire passer les messages du Corum aux médias, à travers des communiqués de presse typiquement, comment tu t’y prends ?

L’objectif d’envoyer des messages aux journalistes, c’est de déjà de leur dire que notre info existe. On doit déjà leur donner envie de cliquer sur le mail, si on envoie notre information par ce moyen-ci. Ce qui n’est pas évident parce que je sais pertinemment, pour avoir été de l’autre côté de la barrière, que les journalistes reçoivent pléthore de communiqués de presse.

Ainsi, nous devons donner à voir une multitude d’approches sur le sujet. Il peut être l’objet d’une brève ou d’un reportage plus long. Par conséquent, nous devons toujours nous demander : qu’est-ce qui fait que, à un moment donné, j’ai envie de cliquer sur le mail et que j’ai envie d’aller plus loin ?

Bonne question. Tu as la réponse ? As-tu des conseils sur comment on peut attirer l’œil ?

Si c’est par mail, cela se passe au niveau de l’objet du mail. L’accroche s’avère très importante. Alors en journalisme, on est habitué avec toute la titraille et les entrées de lecture : titre, surtitre, chapô, intertitres. Mais dans un mail, on a juste l’objet comme point incitatif. Donc il faut déjà que l’objet soit très clair.

Et si c’est le cas, le journaliste va ainsi se demander si le sujet peut être intéressant, s’il peut aboutir à un article ou à une prise de contact. Et toute cette réflexion prend naissance grâce à la petite accroche. Quelques mots qui font la différence.

Au cœur du reportage France 3 au Corum

En début d’année, des journalistes sont venus au Corum Saint-Jean. C’était, en l’occurrence, une équipe de France 3 (Ici Auvergne). D’abord, est-ce que tu peux nous dire comment s’est noué le contact ?

Le contexte de ce reportage a été le changement de direction au Corum, en septembre 2025. L’arrivée de notre nouvelle directrice Mélina Garcia est historique : c’est la première femme dirigeante depuis la fondation du Corum. 130 ans sans femme à la tête quand même !

Suite à ce changement, j’ai contacté les médias et je leur ai envoyé une invitation. Et France 3 y a répondu favorablement. L’équipe télé souhaitait faire un reportage in situ.

A partir de là, une fois l’invitation validée, quel est ton rôle ?

Ma mission à ce moment-là, une fois que le rendez-vous est pris, c’est de réunir toutes les équipes coordinatrices du Corum. Il est primordial de pouvoir accueillir correctement les médias et de nous préparer à cette rencontre.

Donc mon rôle comprend l’intégration de ces journalistes dans notre lieu de vie. Je vais les mettre en lien avec notre nouvelle directrice et des résidents qui acceptent d’être interviewés. Et une fois que ce lien est créé, les journalistes vont réaliser leur reportage selon l’angle pour lequel ils ont opté. Je fais en sorte de faciliter le travail des journalistes.

Et à côté de cette fonction de communicante, tu es aussi sophrologue. Parle-nous de tes prestations et comment tu parviens à allier tes deux métiers ?

La réponse à cette question s’est glissée dans la version complète, disponible en podcast. Vous y retrouverez aussi le Oui / Non et le jeu Good News / Fake News.

Le Top 10 du jeu Good News / Fake News

Hadrien Barrau 7/7
Nicolas Cheviron 7/7
Géraldine Houot 6/7
Marc Chaumeix 5/7
Daniel Desthomas 5/7
Damien Caillard 5/7
Émilie Fernandez 5/7
Sonia Reyne 4/7
Frédéric Torrent 4/7
Bénédicte Boissier 3/7
Sylvie Pallot ???