L’Irlande au plus près de chez vous ! A Saint-Gérand-le-Puy, l’association James Joyce vous partage les souvenirs du célèbre romancier du 20ème siècle. Pour diffuser cette mémoire historique, l’association a bien besoin d’une présidente passionnée. N’entamez pas de recherches, nous détenons déjà cette femme. Marion Byrne connaît les secrets de chaque souffle de James Joyce. Ces mystères sont à découvrir dans ce nouveau portrait, partagé entre les aventures de l’écrivain et la figure de son adulatrice Marion. A écouter ici en podcast ou en version écrite ci-dessous.

Marion, parlons de l’association James Joyce, donc tu es la vice-présidente. Mais pour débuter, j’aimerais que tu présentes l’association en seulement trois mots.
Irlande, rencontres et inclusivité.
Derrière ces trois mots, nous allons creuser. D’abord, révèle-nous pourquoi l’association se trouve à Saint-Gérand-le-Puy, à 20km de Vichy ?

Saint-Gérand-le-Puy, c’est ce petit village où James Joyce a passé la dernière année de sa vie. Un séjour d’une seule année que nous commémorons avec ce centre.

lors de cette journée de commémoration, nous allons y revenir plus longuement, nous invitons de nombreux artistes pour fêter ça. Nous arrivons à attirer beaucoup de français, qui sont très intéressés par l’Irlande.

Cela donne un mélange culturel. Un alliage entre Irlande, rencontres et inclusivité.

 

  « A Paris, tu pouvais y trouver tous les artistes et écrivains. »

 

Cela fait plusieurs fois que nous mentionnons James Joyce. Mais certains le connaissent peu, voire pas du tout. Peux-tu nous révéler qui est cet homme ?
James Joyce, c’était un des plus grands écrivains du 20ème siècle. Il est né en Irlande, mais il a dû choisir l’exil pour pouvoir écrire. Effectivement, le pays était très perturbé par les rébellions indépendantistes, l’Église et les débats sur la place politique et culturelle des anglais. Aucune tranquillité de l’esprit pour James Joyce donc, ce qui l’a motivé à partir avec sa femme Nora Barnacle.
Un départ pour la France ?
D’abord, ils sont venus à Trieste, en Italie. La ville où leurs deux enfants sont nés, puis élevés tels des italiens. En 1915, ils ont quitté la Botte pour la Suisse et Zurich, le temps de la Première Guerre mondiale. Mais quand ils sont revenus après à Trieste, la ville avait changé. Bien plus cosmopolite. Ils ne ressentaient plus la même atmosphère d’antan.
Puis là, James Joyce et sa famille débarquent en France !
Quelqu’un a suggéré à James Joyce d’aller à Paris. Faut savoir que tout se passait dans la capitale française durant l’entre-deux-guerres. Tu pouvais y trouver tous les artistes et écrivains. Je ne te parle même pas de l’art avec le dada, le surréalisme ou le cubisme.

James Joyce et Saint-Gérand-le-Puy, une rencontre imprévue

Pour quelles raisons était-il reconnu par ses pairs ?

Il faisait partie de ces écrivains qui ont poussé la langue anglaise jusqu’au bout. Il est aussi en partie connu pour avoir basculé la façon d’écrire, le meilleur exemple se tient dans son grand livre Ulysse.

Ce livre, il a connu la censure aux États-Unis. Banni à cause de passages assez explicites, considérés comme pornographique et anti-église. J’imagine que ça devait faire bien rire James Joyce, parce que le bannissement donnait un intérêt de plus pour l’acheter. Finalement, son livre a pu paraître en 1934.

Autorisé en 1934, soit plus de 10 ans après sa parution. En France, son ouvrage a-t-il pu paraître sans difficulté ?

Grâce à la liberté d’expression française, Ulysse a été publié en 1922 à Paris. La première version était seulement en anglais. Puis Sylvia Beach, une propriétaire américaine d’une bibliothèque parisienne, met en relation James Joyce avec Valéry Larbaud.

Valéry, qui est né à Vichy, était un grand fan de James Joyce. « Je suis fou d’Ulysse ! », répétait-il. Et il a grandement participé à la traduction de l’ouvrage en français, ainsi que de sa promotion dans l’hexagone. C’est comme ça que l’écrivain irlandais a pu se faire connaître en France.

 

  « Il n’est plus jamais retourné à Paris. »

 

James Joyce et Valéry Larbaud entretenaient-ils une forte relation ?

Valéry Larbaud a même prêté son appartement à Paris pour que James Joyce puisse finir son livre tranquillement. Valéry a donc joué un très grand rôle pour Joyce. Et quand l’irlandais est venu dans la région, Valéry Larbaud a été une des premières personnes à qui il a pensé.

D’ailleurs, il existe une très belle première édition d’Ulysse, dédicacée par Joyce pour son ami Valéry. On peut la retrouver dans la bibliothèque de Vichy. Des connaisseurs font le détour pour la voir.

Pourquoi est-il arrivé dans ce village de Saint-Gérand-le-Puy ?

Les complications ont démarré au début de la Seconde Guerre mondiale. Quand les allemands sont entrés à Paris en 1940, tout le monde quittait la capitale. James Joyce détenait un passeport britannique. Sachant que les anglais étaient ennemis numéro 1 des allemands, il est vite parti lui aussi. Mais où aller ?

L’école de son petit-fils a déménagé de Paris pour un château à côté de Saint-Gérand-le-Puy, en raison de l’invasion. Et James Joyce a décidé de lui rendre visite au moins pour Noël. Cependant, il n’est plus jamais retourné à Paris et est resté quelques temps dans le village. Il s’est juste rendu de nouveau à Zurich, plus d’un an après, et il est mort là-bas moins de deux semaines après son arrivée.

« Accidental Joycean »

Te concernant, comment expliques-tu cet attachement personnel à son égard ? 

Je dis toujours que je suis un « accidental Joycean ». C’est totalement par hasard que j’habite dans l’Allier. Je t’explique. Un jour, mon copain m’a offert une bouteille de vin qui se nommait « Château P. L’Abri ». Et nous avons décidé, d’un coup de tête, de partir en camping-car, à la recherche de l’origine de ce vin.

Cette escapade a duré 3 ans. Puis c’est comme ça que nous avons atterri dans ce petit endroit dans l’Allier, et que j’ai découvert par la même occasion son lien avec James Joyce. Un ami m’a fait la visite, nous avons retracé le passage de James Joyce. J’ai vu les chambres dans lesquelles il dormait, j’ai marché dans la rue par laquelle il passait pour aller chez le barbier… Ces visites m’ont énormément touchée.

Venons-en à l’association. Elle existe depuis 2009 avec son musée et sa bibliothèque. Tu en es devenue la vice-présidente en 2021. Et depuis, vous organisez de nombreux événements, dont le jour d’Ulysse autour du 16 juin. Qu’il y a-t-il de spécial ce jour-là ?
Le jour d’Ulysse est nommé « Bloomsday » partout dans le monde. Bloom est le personnage fictif du livre Ulysse. Et ce jour symbolise la rencontre entre Joyce et sa future femme, le 16 juin 1904. On retrouve d’ailleurs cette rencontre dans l’ouvrage. Puis les irlandais ont pérennisé cette date, qui devient même une semaine de fêtes en Irlande.

 

  La Floride ? « Je ne voulais pas refuser. »

 

Comment fêtons-nous le Bloomsday en Irlande ?

Joyce décrit avec tellement de détails la ville que nous pouvons la reconstruire, grâce à son livre, si elle prend feu. Donc Dublin s’empare merveilleusement bien de cette fête.

Lors des festivités, on retrace le parcours d’Ulysse dans la ville. Déguisé dans les habits de l’époque, on est accompagné tout du long par des lectures dans toutes les langues.

Et ici à Saint-Gérand-le-Puy, nous fêtons aussi l’événement. Nous avons même réussi à attirer le sosie officiel de Joyce pour le centenaire de la publication. Il est très sollicité ce jour-là.

Puis il me semble que tu as connu une petite expérience aux États-Unis ?
Effectivement, je me suis dirigée ensuite vers les États-Unis. Un jour, un courrier arrive chez moi. Une offre de Floride, au bord de la mer, se présentait. Je ne voulais pas refuser. Là-bas, j’ai étudié les gênes sur les œufs de poisson. J’y suis resté pendant 2 ans avant d’arriver en France, comme je te l’ai raconté.

Le rôle promotionnel de la presse de proximité

Donc tu es maintenant arrivée en France, puis tu as pris la tête de l’association James Joyce. Une de tes missions est de parvenir à médiatiser tes actions. Pour cela, rien de mieux que les médias. D’abord pour toi, quel rôle adopte un journaliste dans la société ?

Un journaliste doit comprendre les différentes choses qui se passent dans la société. Cette connaissance passe par un processus exigeant de renseignements dans le but de trouver la vérité.

Pour remplir ce rôle, il faut avoir de la curiosité pour raconter des nouveautés dont on ne sait rien encore. Mais il faut aussi faire preuve de culot, des fois, pour réussir à interrompre et recentrer le sujet.

 

  « Le travail de journaliste est important pour faire connaître les acteurs de la région. »

 

L’association bénéficie de cette visibilité médiatique, notamment à travers de nombreux articles La Montagne. Comment se déroulent ces échanges avec le titre de presse régional ?

Je pense que La Montagne nous aime. On leur envoie une photo avec des informations, et le journal en tire régulièrement un article. Quand les gens lisent le journal, ils remarquent le papier : « Oh, mais il faut que j’aille les voir. » D’ailleurs, on demande aux visiteurs les raisons de leur venue, et La Montagne arrive souvent dans les réponses.

La presse est donc devenue un bon moyen de promotion pour nous. Le travail de journaliste est important pour faire connaître les acteurs de la région. On ne communique pas juste pour nous, c’est surtout pour partager avec tout le monde. De cette façon, on soutient la presse locale.

Tu te souviens de la dernière fois que La Montagne est venue vous voir à Saint-Gérand-le-Puy ?
Il y a 2 / 3 ans, la journaliste Sandrine Gras s’est arrêtée vers nous. Son papier reprenait différents musées de la région, leur consacrant un portrait chacun. Et elle a fait un très beau reportage sur notre musée. Elle s’était bien informée, elle a pris le temps nécessaire, et je tiens à rajouter aussi que le photographe qui l’accompagnait a pris de belles photos.
As-tu également échangé avec des journalistes étrangers, je pense particulièrement à ceux irlandais ? Si c’est le cas, comment appréhendes-tu la médiatisation internationale de l’association ?

Pour respirer cet ultime souffle irlandais, embarquez désormais en direction de la version podcast. Vous y trouverez encore plus d’anecdotes concernant James Joyce, le Tu Préfères version Irlande, et enfin le jeu Good News / Fake News.

Le Top 10 du jeu Good News / Fake News

Hadrien Barrau 7/7
Nicolas Cheviron 7/7
Cédric Motte 6/7
Géraldine Houot 6/7
Marc Chaumeix 5/7
Daniel Desthomas 5/7
Damien Caillard 5/7
Émilie Fernandez 5/7
Jean-Marie Prival 4/7
Sonia Reyne 4/7
Marion Byrne ???