Kipuka. Si ce terme hawaïen vous laisse patois, vous ne connaissez donc pas la revue du même nom dédiée aux volcans. Installez-vous donc, prenez de quoi boire et grignoter, nous allons vous présenter le fondateur de Kipuka. Son nom ? Jean-Marie Prival. Sa fonction ? Il lave toute méconnaissance sur l’univers volcanique. Pour la suite des questions, elles sont à retrouver là en podcast ou en poursuivant en dessous la lecture.
Alors l’idée, elle vient d’assez loin en fait. Kipuka est l’aboutissement de mes deux carrières, celle de journaliste et celle de scientifique. Cette double casquette m’a donné l’envie de mélanger ces deux parcours et de basculer en journaliste scientifique.
Au départ, je souhaitais proposer mes articles à différentes publications, être pigiste. Mais je me suis rapidement rendu compte que le mieux serait de devenir mon propre éditeur. Et c’est à cet instant que l’idée de la revue a germé. Puis après 2 ans de préparation, le premier numéro est sorti de terre. A partir de ce jour, Kipuka sort à chaque trimestre.
Tout d’abord, Kipuka s’ouvre sur une séquence culturelle. Là, on recense les expositions et les ouvrages parus sur les volcans au cours du trimestre écoulé. Tu tournes la page, tu prends connaissance de l’actualité éruptive. On revient ici sur les éruptions les plus marquantes des 3 derniers mois. Attention, pas toutes ! Il y en a beaucoup trop. On choisit 3 à 4 éruptions qu’on juge intéressantes pour telle ou telle raison.
Puis tu retrouveras l’actualité scientifique, où la revue décortique quelques études sur les volcans. L’intérêt est de les vulgariser, mais aussi de retracer le processus scientifique : de leur questionnement jusqu’aux résultats obtenus. Voilà, donc là je t’ai présenté le premier tiers de la revue.
Oui car ensuite, le lecteur a sous ses yeux 5 à 6 articles de fond. Ils tournent sur des rubriques comme l’histoire où on revient sur un événement passé, l’art avec la représentation artistique des volcans, la botanique et la zoologie où on évoque une espèce végétale ou animale qui vit sur les volcans.
C’est vrai Lucas que quand on pense aux environnements volcaniques, on a souvent l’image de cet environnement hostile. Mais en fait, si on y regarde de plus près, la faune et la flore vivent sur les volcans.
« Si vous avez un intérêt pour les volcans, vous allez forcément trouver votre bonheur. »
Effectivement, on retrouve aussi dans Kipuka un dossier thématique. Là par exemple, comme tu le cites pour le dernier numéro, le dossier était consacré aux dômes de lave. En Auvergne, on connaît évidemment le Puy-de-Dôme, qui n’est d’ailleurs pas le seul dans la région.
Donc dans ce dossier, on fait le tour du monde des différents dômes de lave. Comment se forment-ils ? Quels sont les processus derrière leur éruption ? Quel type de paysage peuvent-ils créer après ? On a mis la loupe sur toutes ces questions.
La revue touche les amateurs de volcans, ou de manière générale les passionnés des sciences de la terre. En effet, c’est plutôt niche puisqu’il faut quand même quelques bases. Il est mieux d’avoir déjà entendu parler des jargons utilisés en volcanologie comme la croûte, le manteau, le noyau,… Après, j’essaie quand même de vulgariser avec des mots plus simples.
De plus, la variété du format permet d’attirer tout profil. On touche aux sciences humaines et sociales, à l’art, à l’histoire,… Dans tous les articles de la revue, si vous avez un intérêt pour les volcans, vous allez forcément trouver votre bonheur.
« Le dessin véhicule plus d’informations qu’une photo. »
Les idées, elles ne manquent pas ! Je tiens à jour une liste où je note toutes les idées d’articles, et j’en ajoute plus que j’en enlève. Et mes inspirations proviennent beaucoup de la lecture. Je me nourris des ouvrages sur les volcans pour agrémenter mes idées de sujets.
En tout cas, j’essaie quand même d’éviter les fameux marronniers vus et revus. Comme typiquement l’éruption du Vésuve qui a conduit la destruction de Pompéi en l’an 79. Un classique de la volcanologie. Son histoire est très populaire, tu ne vas pas me contredire.
Pour ce qui concerne la partie écrite, c’est moi qui fais l’essentiel du contenu pour l’instant. Même si j’aimerais qu’il y ait plus de contributions externes afin que le lecteur puisse bénéficier de plusieurs plumes et de plusieurs sensibilités différentes.
Et pour ce qui touche les images, sache que je suis vraiment nul en photo. En général, soit je fais appel à des photographes, soit j’utilise des images libres de droit. Mais j’aimerais, là aussi, développer des futures collaborations, notamment avec des dessinateurs. J’avais d’ailleurs demandé à une artiste lyonnaise de m’illustrer des tunnels de lave. Et le rendu fut vraiment sympa. Des fois, le dessin véhicule plus d’informations qu’une photo.
Réaliser un Kipuka de A à Z, mode d’emploi
Après l’écriture des articles, j’utilise le logiciel Scribus pour la partie mise en page. Scribus est un peu l’équivalent libre d’Adobe InDesign. Je trouve le logiciel plutôt facile d’accès, et il me permet de réaliser une maquette assez sobre.
Dans le futur, je voudrais bien faire appel à quelqu’un pour l’édition. Cela me permettrait de me dégager du temps, car cette partie est assez chronophage. Ensuite vient l’impression, je fais appel à un partenaire local. Et il m’imprime un tirage de 600 exemplaires par trimestre.
Puis arrive la distribution pour écouler ce tirage. Elle passe essentiellement par courrier postal pour les abonnés. Tu peux également retrouver Kipuka dans quelques librairies comme Les Volcans à Clermont-Ferrand ou Le Bateau Livre à Cournon-d’Auvergne.
« J’allais régulièrement en voyage de presse pour découvrir les nouveaux jeux partout dans le monde. »
J’ai commencé à travailler dans une boîte de jeux vidéo qui s’appelle Gameloft, une filiale d’Ubisoft. Dans cette entreprise, je faisais des jeux sur téléphone. Je passais en revue toutes les licences Ubisoft. On faisait donc du Rayman, du Splinter Cell et toute la première génération de jeux mobiles.
Par la suite, j’ai bifurqué du développement de jeux au journalisme vidéoludique. En effet, j’ai connu la chance de rentrer à JeuxVidéo.com. J’avais vu que l’entreprise cherchait un journaliste spécialisé PC, et je cochais totalement ce profil. Et c’est de cette manière que je suis devenu journaliste.
Mon travail tournait autour de l’actualité, des tests de jeux et des critiques. J’allais régulièrement en voyage de presse aussi pour découvrir les nouveaux jeux partout dans le monde.
Ces voyages étaient un aspect sympa du métier puisque je rencontrais beaucoup d’acteurs. J’interviewais les développeurs, les producteurs, les compositeurs de musique,… Beaucoup de riches rencontres.
Trop de luttes d’influence éteignent la passion
Quand j’étais jeune, je ne me posais pas trop de questions. Je profitais un peu de de tout ce qu’on nous offrait : les voyages à l’autre bout du monde, les beaux hôtels, les cadeaux,…
Attention, je ne parle pas de corruption. Le fait qu’on donne une bonne note à un jeu en fonction du nombre de zéros alignés sur le chèque, c’est une fausse légende. Mais il est vrai qu’on en prenait plein la vue. L’éditeur sortait la carte bleue pour nous héberger dans des cinq étoiles et nous amener dans des bons restaurants.
« Mon père en profitait toujours pour m’expliquer toute l’histoire des cailloux qui se trouvaient sous nos pieds. »
Je te confirme que JeuxVidéo.com était vraiment le site le plus influent de France, voire même d’Europe, en terme de jeux vidéo. Concrètement, une modification d’un petit point sur la note du jeu pouvait changer les ventes de plusieurs dizaines ou de centaines de milliers d’unités.
Nous assumions ce rôle de prescripteur auprès du public, qui attendait de connaître notre avis pour acheter ou non le jeu. Donc les éditeurs et leurs attachés de presse avaient tout intérêt à nous caresser dans le sens du poil. Toute cette hypocrisie là a fini par me dégoûter complètement.
Je pense que c’est une passion que j’avais au fond de moi depuis tout petit. Dès ma naissance, j’ai vécu au pied des volcans d’Auvergne. Et il y a aussi l’argument familial puisque mon père était tout autant passionné.
Quand j’étais gamin, il m’amenait randonner dans les volcans. Et mon père en profitait toujours pour m’expliquer toute l’histoire des cailloux qui se trouvaient sous nos pieds. Mais à l’époque, je n’avais peut-être pas réalisé que je pouvais faire de cette passion mon métier.
« J’envoie Kipuka à tous les médias de la région. »
Exactement. Après mon passage à JeuxVidéo.com, je me suis posé un peu et j’ai réfléchi à mon avenir. Donc là, la question des volcans s’est présentée de façon assez naturelle. Par conséquent, j’ai décidé d’entamer un master en géologie, tout en continuant à faire des piges sur les jeux vidéo pour me dégager un revenu en parallèle.
Puis quand j’ai commencé ma thèse, son financement m’a permis de me concentrer vraiment sur mon travail de recherche. Et ce doctorat en volcanologie m’a ouvert la porte à une carrière de scientifique, inimaginable quand j’étais plus petit.
Alors, c’est plutôt moi qui vais les solliciter. En général, j’écris des communiqués de presse pour annoncer le nouveau numéro de Kipuka. Je détaille son contenu et j’explique pourquoi il est intéressant. Ensuite je l’envoie à tous les médias de la région. Il y en a certains où je n’ai jamais de retour, ce n’est pas grave puisque j’en reçois d’autres médias.
Grâce à cette communication, j’ai eu l’occasion de créer du contact avec les médias. Par exemple, je suis passé plusieurs fois sur Ici Pays d’Auvergne. Mediacoop avait fait un article aussi sur le tout premier numéro. Je peux te citer également le Semeur Hebdo ou le Connecteur, etc.
Vous souhaitez bénéficier d’une interview plus longue et bien plus complète ? Vous désirez voir Jean-Marie se prêter au Oui / Non spécial volcan ? Vous voulez jouer avec lui au jeu Good News / Fake News ? Une seule solution à toutes ses envies naturelles : le podcast. Vous pouvez l’entendre grâce au bouton ci-dessous.
Le Top 10 du jeu Good News / Fake News
| Hadrien Barrau | 7/7 |
| Nicolas Cheviron | 7/7 |
| Cédric Motte | 6/7 |
| Géraldine Houot | 6/7 |
| Marc Chaumeix | 5/7 |
| Daniel Desthomas | 5/7 |
| Damien Caillard | 5/7 |
| Émilie Fernandez | 5/7 |
| Sonia Reyne | 4/7 |
| Frédéric Torrent | 4/7 |
| Jean-Marie Prival | ??? |