Stéphane Huin, un nom qui ne vous dit point ? Une cure de rappel s’impose donc ! Une cure thermale même, pour être précis. Stéphane est bien le directeur de la communication et du développement commercial pour le thermalisme en Auvergne et dans le Massif Central. Ce portrait mérite plus de détails qu’une ligne de CV, vous conviendrez. Déroulez ainsi la suite juste en dessous dans cet article ou en podcast via ce lien.

Bonjour Stéphane, est-ce que tu peux nous en dire plus sur ta fonction de responsable de communication et du développement commercial du secteur thermal ?
Bonjour Lucas, oui je peux même t’en parler très longuement. En fait, je gère la promotion de l’ensemble des stations thermales d’Auvergne. Cela concerne donc les deux volets que tu as cités : la communication et le développement commercial.

Je vais ainsi mener des actions collectives qui vont pouvoir impacter la fréquentation des stations thermales, que ce soit pour les cures médicalisées, celle libres ou les séjours bien-être. Et ces actions s’inscrivent à travers le digital, les relations presse, les salons ou encore évidemment par les réseaux sociaux.

Je trouve que ce n’est pas coutume de fusionner en une seule personne, la communication et le développement commercial d’une structure. Ce sont souvent deux fonctions à part entière. Comment arrives-tu à mailler les deux faces ?
Il est vrai que je porte les deux casquettes. A la base, j’ai commencé par le montage de séjours touristiques. Puis petit à petit, je me suis intéressé aux questions de communication et j’ai fini par avoir ces deux aspects là : communication et développement commercial. Et je considère qu’ils vont dans le même sens.

En effet, pour nous, la communication est présente pour amener des retombées commerciales à nos stations. Et à côté, la partie développement commercial est nécessaire pour le recrutement des médecins. Un point très important puisque c’est l’avenir du thermalisme qui est conditionné.

 

« On essaye d’amener une nouvelle image et de nouveaux clients. »

 

Pour contextualiser ton métier, tu travailles pour l’Auvergne Thermale, la Route des Villes d’Eaux et Thermhôtel. Est-ce que tes tâches sont semblables pour chacune de ces trois structures ?

Pas exactement, je vais te les présenter. D’abord, la marque Auvergne Thermale s’inscrit dans la structure Thermauvergne. C’est une association qui regroupe les 11 stations thermales d’Auvergne et en périphérie.

Là, je m’attarde à promouvoir le thermalisme médicalisé. Donc cela comprend tout ce qui est cure conventionnée, cure libre, séjour de prévention santé,… C’est dans ce cadre-ci qu’on recrute des médecins thermaux.

Et les deux autres n’adoptent pas le même cadre ?
Pas tout à fait. La Route des Villes d’Eaux est une structure axée sur la diversification touristique des stations thermales sur tout le Massif Central. On essaye d’amener une nouvelle image et de nouveaux clients pour la partie bien-être et pour le patrimoine thermal également.

Puis j’anime aussi le groupement hôtelier Thermhôtel, comme tu l’as mentionné. C’est un groupement d’hôtels volontaires, bien sûr implantés dans les stations thermales. Ils deviennent nos partenaires privilégiés pour toutes les questions d’hébergement.

Jamais à cure d’idées pour rendre attratif le thermalisme

Quand tu assures la communication pour ces différentes organisations, elle passe avant tout par les réseaux sociaux ?

Les réseaux sociaux occupent une grosse partie oui, mais c’est surtout à travers le digital dans son entièreté. On se rend compte que cette méthode se dessine comme le meilleur rapport coût-efficacité pour fidéliser la clientèle déjà présente, ou pour aller chercher des nouveaux curistes. Toute la vocation de Thermauvergne.

Donc le digital permet, à moindre coût, de cibler les différentes catégories de population et leurs pathologies. Après, on ne se renferme pas exclusivement là-dessus. On utilise tous les canaux, que ce soit le papier, les salons, les relations presse pour faire parler de notre secteur. Toujours dans cet objectif d’attirer de nouveaux patients.

Ainsi, quelle stratégie adoptes-tu pour attirer cette nouvelle clientèle ? 
Alors, nous ce qu’on essaie de mettre en avant déjà, cela tient en une interrogation : pourquoi venir faire une cure thermale en Auvergne ? Dans ce sens, nous allons montré tout notre dynamisme, nous allons mettre en avant les atouts de la région comme le cadre volcanique, nous allons souligner que nos eaux sont chargées en minéraux et proviennent d’un parcours millénaire.

Il faut aussi aller contre le vent des clichés : non l’Auvergne n’est pas un territoire mou. Nos établissements sont modernes. On innove constamment, c’est notre région qui a développé les cures pour soulager des conséquences du traitement contre le cancer.

Pour attirer le public, tu ne convaincs pas seulement sur le bienfait des thermes, tu lui fournis aussi des conseils touristiques pour profiter de la région. Les personnes ne viennent pas seulement en Auvergne pour la cure ?
On met en avant, sur le digital ou notre guide papier, tout ce qu’on peut faire en dehors de la cure. Sur 3 semaines de cure, les curistes n’y consacrent que 2 heures par jour. Ils ont donc tout intérêt à profiter de la région et de son offre riche en culture et en patrimoine.

A côté, on propose également des ateliers sur l’activité physique, l’alimentation ou la relaxation. On souhaite que nos curistes deviennent acteurs de leur santé. Mais une cure, ce n’est pas des vacances. Donc ils passent principalement leur temps à beaucoup se reposer.

 

« Comment casser les codes ? A travers une communication plus décalée, plus fun. »

 

Bon, ce que tu fais actuellement Stéphane, je trouve cela très riche. Et je ne doute pas que ton passé l’est tout autant. Raconte-le nous. D’où viens-tu ?

Sache que je suis originaire de la Bourboule, grande station thermale. J’ai pu voir tous les effets du thermalisme, notamment chez des enfants atteints d’asthme ou de maladies de peau. Mais au début, je m’orientais plutôt vers l’histoire géographie. Et après une première année de DEUG, j’ai compris que je ne souhaitais pas enseigner.

Alors, je me suis dirigé dans une toute autre filière : le tourisme. Un BTS au lycée de Chamalières, puis une maîtrise en sciences techniques du tourisme à Clermont-Ferrand, et me voilà à chercher un stage. Et quand j’ai eu l’opportunité de le faire à la Route des Villes d’Eaux et à Thermauvergne, c’était une évidence. Ensuite de fil en aiguille, j’y suis resté. De tout de façon, dans ce secteur, soit tu y fais un passage éclair, soit tu y fais ta carrière.

Dans les thermes, on profite des cures, en peignoir. J’insiste sur le « en peignoir » car tu joues beaucoup sur ce terme. Effectivement, tu uses de cette image pour qualifier le thermalisme : « les accros du peignoir, la peignoir attitude… » Comment expliques-tu que le fait d’utiliser l’image du peignoir est devenu un très bon moyen de communication pour assurer la promotion des cures thermales ?
Oui, complètement. Faut remonter en 2016 pour trouver sa genèse. Avec la Route des Villes d’Eaux, on faisait le constat qu’il fallait vraiment casser cette image de stations thermales exclusives aux personnes âgées malades, où il ne se passe pas grand-chose. Comment casser les codes ? A travers une communication plus décalée, plus fun.

C’est à partir de là qu’on a créé les accros du peignoir, une marque qui est devenue notre fil conducteur. Les accros du peignoir comprennent des séjours, des box, mais aussi des événements avec nos partenaires. On est parvenu à créer une marque fédératrice qui nous a aidé à dépoussiérer l’image de nos stations, même s’il reste encore un peu de travail à faire.

Mettre un therme à la radio ? Il n’en est pas question.

« En peignoir », c’est aussi le nom d’une de tes émissions à Logos FM. A chaque fois, tu reçois un ou une invité(e) et vous discutez de l’actualité du secteur thermale. La radio, est-elle devenue ta deuxième passion  ?
Ah oui, c’est clairement ma passion. J’en profite d’ailleurs pour remercier Yves Courthaliac, directeur de Logos FM, qui nous consacre un temps d’expression hebdomadaire dédié au thermalisme.

La radio, dans son ensemble, m’occupe énormément de temps. Car en effet, j’ai « En peignoir » comme tu l’as évoquée, mais aussi d’autres émissions qui me conduisent à rencontrer plein de personnes. La radio me permet ces découvertes et ces échanges toujours très riches.

Parlons-en de ces émissions, je peux citer Hit Story, Cœur à Cœur, ou la dernière Couleur Printemps. En fait maintenant, tu préfères l’animation radio aux cures thermales ?
Un jour, Yves Courthaliac m’a demandé : « Stéphane, à côté d’En peignoir, tu aimerais faire d’autres émissions ? ». Et je me suis lancé. Déjà, la musique c’est ma passion. Donc l’émission Hit Story allait de soi.

J’ai la chance d’interviewer, dans ce cadre, les artistes qui viennent en concert à Clermont-Ferrand ou dans la région. Et toute l’essence d’Hit Story est de comprendre l’origine d’une chanson. C’est palpitant. Écoutez la, on y apprend les coulisses et toutes les petites anecdotes sympas.

Et à côté, tu n’animes pas que des émissions musicales.
Après à côté, je tiens ces fameuses émissions saisonnières comme Sur mon Transat, Cœur à Cœur ou Couleur Printemps. Sur mon Transat est la première. Dedans, avec les personnalités du territoire, on discute de leurs pratiques de vacances estivales. Puis je trouvais que ça faisait bien long d’attendre le prochain été pour discuter de nouveau…

Donc j’ai décidé de décliner le format sur toute l’année. Et en ce moment, pour mars / avril, c’est Couleur Printemps sur les ondes. Ainsi, je profite de ces temps pour mettre en avant les projets des acteurs de la région. Des moments décontractés, où on se marre pas mal, toujours avec bienveillance.

Une info sur les cures thermales ? Chers journalistes, demandez à Stéphane !

Tu as l’air de bien aimer mener des interviews, d’ailleurs quelle image as-tu du journalisme ?
Je pense que j’aurais aimé devenir journaliste, car je trouve que c’est un métier passionnant. Je ne me suis peut-être pas assez donné les moyens d’y arriver. Toutefois, je considère malheureusement que la profession n’est pas assez reconnue, voire même décriée.
Qu’est-ce qui te passionne chez un journaliste ?
Je trouve que c’est un super métier d’enquêter et d’apporter vraiment des éléments tangibles pour comprendre l’actu et tous les phénomènes de société. Cela fait un peu intrigue policière. Tu comprends, j’aime vraiment aller au bout des choses et trouver des explications afin de les partager au public. Ce sont pour ces raisons que je prends beaucoup de plaisir à travailler avec les journalistes.
Toutefois aujourd’hui, tu as ta casquette de chargé de communication et tu interfères régulièrement avec des journalistes. Comment tu t’y prends pour nouer le contact ? Un communiqué, une conférence, un coup de fil ?
Je m’adapte, mais un peu de tout ce que tu viens de citer, oui. Même si je n’use plus des gros dossiers de presse, cette pratique ne se fait plus trop. Cependant, j’envoie ponctuellement des communiqués de presse quand j’ai un message à transmettre.

Ce que j’apprécie, c’est que le contact se crée aussi dans le sens inverse. Des journalistes viennent vers nous quand ils ont besoin d’un regard transversal sur le thermalisme. Surtout que nous commençons à bien nous connaître depuis mes débuts, et nos liens se sont aussi tissés sous l’égide du Club de la Presse. Le concours de pétanque peut en témoigner !

 

« Le voyage presse participe clairement au rayonnement local et national du thermalisme. »

 

Quand les journalistes te contactent, tu mets ta casquette d’expert et tu réponds à leurs interrogations sur l’actualité thermale, c’est ça ?
Oui, tant qu’à faire, on montre l’expertise que nous avons du secteur. Je sais que les journalistes ont un métier très prenant, donc nous essayons de leur faciliter au mieux la tâche.

Notre expertise leur sert oui, mais aussi nos connaissances des acteurs du thermalisme. Là, récemment, on me demandait un médecin pour une cure thermale post-cancer. Tout de suite, vu que je travaille avec eux, j’ai pu facilement faire la liaison. Nous pouvons aisément mettre en relation les journalistes avec le bon intervenant en station.

Est-ce que tu organises quelques événements ouverts à la presse ?
Oui. D’ailleurs ce qu’on essaie de faire chaque année, c’est un voyage de presse pour découvrir nos stations. Alors c’est plus à destination de la presse nationale. Même si on invite aussi les locaux, mais ils connaissent en général un peu mieux l’offre du secteur.

Là le prochain voyage de presse sera en juin. Les journalistes vont pouvoir tester les séjours de stations thermales pleine santé, avec les différentes activités prévues. Ce type d’événement participe clairement au rayonnement local et national du thermalisme.

Avant pour médiatiser le monde thermal ou toute autre organisation, on passait exclusivement par les médias traditionnels, comme la presse ou la radio. Et ça fait plusieurs années, je ne t’apprends rien, que les réseaux sociaux sont aussi entrés dans la danse. Est-ce que toi tu considères qu’aujourd’hui, la promotion des stations thermales passe davantage par les réseaux sociaux que par les médias dits classiques ?

Vous ne pouvez pas nous quitter sans prendre connaissance de la réponse à cette ultime question… Pas de panique, la version podcast prend le relai. Avec le bouton ci-dessous, vous retrouverez la totalité de l’échange avec le Oui / Non et le jeu Good News / Fake News.

Le Top 10 du jeu Good News / Fake News

Hadrien Barrau 7/7
Nicolas Cheviron 7/7
Géraldine Houot 6/7
Marc Chaumeix 5/7
Daniel Desthomas 5/7
Damien Caillard 5/7
Émilie Fernandez 5/7
Sonia Reyne 4/7
Frédéric Torrent 4/7
Sylvie Pallot 3/7
Stéphane Huin ???