Si Vichy était la ville d’un seul homme, on retiendrait Franck Dischamps avant même d’évoquer les heures sombres des années 40. Franck est dirigeant des Éditions du Centre et s’attelle notamment à la parution de guides saisonniers. D’ailleurs, nous l’interrompons en pleine impression de brochures. Une parenthèse s’ouvre pour échanger sur son quotidien et son passé. Pour y entrer, optez pour la version podcast ci-jointe ou via la version écrite juste en-dessous.
Tout d’abord, est-ce que tu peux nous dire quel est le travail d’un éditeur ?
Moi en tant qu’éditeur, je suis un peu spécial. Dans la mesure où je fais de l’édition publicitaire. Donc c’est-à-dire que j’ai des brochures, comme La saison à Vichy, et elles sont financées par la publicité en fait.
Et ce travail d’éditeur, je l’exerce aux Éditions du Centre. Rends-toi bien compte, cette maison d’édition existe depuis 60 ans. Une antériorité impressionnante.
Ton travail au jour le jour, comment se compose-t-il ?
Donc concrètement, je m’occupe de tout ce qui tourne autour de la prospection de partenaires pour les brochures, mais pas que ! Évidemment qu’il faut du fond dans ces mensuels, par conséquent je m’attarde aussi sur la recherche de contenu.
Ce qui m’attire l’œil ? Les animations, les expos, les grands événements,… Je prends le pouls de ce qu’il se passe à Vichy et dans ses environs. Puis je relate tout ça dans mes mensuels.
Et qui sont tes partenaires ? Ce sont des entreprises particulièrement ?
Principalement, je travaille avec les collectivités, les entreprises ou encore des magasins. Voilà, c’est assez large. Or, cela peut concerner aussi les associations qui veulent communiquer. Ça arrive également.
En définitive, la majorité de mes partenaires provienne de Vichy, mais aussi un peu de l’extérieur. Par exemple, le Zénith d’Auvergne me transmet régulièrement sa programmation.
« Quelles sont vos actualités ? »
Ce métier d’éditeur publicitaire, tu le réalises seul ?
Moi, je m’occupe de tout ce qui est commercial, puis de la comptabilité et de la gestion. Toutefois, j’ai un collaborateur qui s’occupe de tout autre chose. Il se charge de la PAO, la publication assistée par ordinateur. Et dans ce cadre, il conçoit et assemble des documents destinés à l’impression, comme des maquettes ou des annuaires du Club de la Presse. Tout ce qui est technique, c’est Cyril.
Évoquons maintenant les guides, que tu as mentionnés juste avant, comme « La saison à Vichy ». Je me permets aussi d’ajouter celui de « La Découverte de l’Auvergne ». Que pouvons-nous y retrouver dedans ?
D’un côté, nous avons des guides qui paraissent mensuellement, et d’un autre, nous publions certains guides sur la saison, comme les deux que tu cites là. Donc dans ces guides de la saison, on retrouve toutes les animations, au jour le jour, qui nous attendent. Alors les animations, c’est très vaste évidemment.
Ainsi, on prend en compte les expos bien sûr, mais aussi les sports, les manifestations culturelles, les vides-greniers, etc… En plus, on propose un petit guide des restos à la fin. Et il ne faut pas que j’oublie les informations générales, toujours utiles de les connaître.
Comment sélectionnes-tu les différents sites locaux à faire paraître dans ces guides ?
Alors souvent, les gens me contactent directement. Comme on a acquis une certaine antériorité, les associations maintenant nous connaissent. Mais ça ne m’empêche pas de leur renvoyer un petit mail, chaque mois, pour prendre la température. Pour tous les villages, pour toutes les villes : « Quelles sont vos actualités ? » Puis ils me répondent, et je procède à un petit tri.
Ensuite il m’arrive, pour « La Découverte de l’Auvergne », de me déplacer régulièrement. Vu que nous réalisons dedans plusieurs plans géographiques de la région, il faut après savoir compléter ces cartes par les actus locales. Donc j’essaie de repérer dans chaque coin ce qu’il se passe. Et par la même occasion, j’en profite pour dénicher des partenaires.
Du sport à haut régime
Tu te voyais faire ce métier il y a plusieurs dizaines d’années ?
Je n’étais pas destiné à ça, non du tout. J’ai un parcours atypique car je suis passé par STAPS. Tu sais pourquoi ? Je voulais devenir prof de gym, car j’aimais beaucoup le sport. Donc tu le vois bien, un départ absolument pas dirigé sur l’édition.
Mais vu que par la suite il fallait monter à Paris pour poursuivre la formation, et que je préférais rester dans la région, j’ai arrêté. Je suis parti dans le commerce. C’est ainsi que j’ai créé ma boîte et que j’ai pu racheter les Éditions du Centre, il y a déjà 30 ans.
Tu as quitté le monde professionnel du sport, mais en fait le sport ne t’a pas quitté lui.
Absolument, le commerce ne m’a pas empêché de continuer le sport. Et bien oui, je suis toujours resté dans le milieu écoute. En parallèle de mes activités professionnelles, je tiens donc des manifestations sportives. J’ai par exemple organisé les championnats du monde de course de ski-nautique en 2019, qui se déroulaient à Vichy. Par ailleurs, je suis aussi bénévole à la JAV, le club de basket de Vichy.
Abordons alors les à-côtés de ta carrière d’éditeur, comme tu viens de l’amorcer. Tu t’impliques aussi dans la vie vichyssoise par le Festival des Jeux de Société. Parle-nous de cet engagement local.
J’ai créé le Festival des Jeux de Société de Vichy en 2018. Et il est toujours d’actualité. Donc prenez vos agendas, il se déroule durant la deuxième quinzaine de septembre.
Puis pour te décrire le festival, il se déploie sous deux formes. On compte un salon professionnel, la première semaine, où les distributeurs s’y rendent afin de faire les courses pour le prochain Noël. Ils viennent essayer les jeux de société. De plus, ils se forment grâce aux animateurs présents pour leur apprendre à maîtriser tel ou tel jeu. L’industrie du jeu, ce n’est pas rien Lucas. Près de 500 jeux sortent chaque année.
Ensuite arrive la deuxième semaine, là, le salon est destiné au grand public et tu y trouves tous les jeux jamais imaginés : ceux qui se jouent en 5 minutes, des cartes, des jeux collaboratifs,… Je vous encourage donc à venir !
« Tous ces commerces demandaient à ce qu’on leur fasse de la publicité. »
Pour reprendre le fil de ta carrière, après STAPS tu te lances dans le commerce. Ce revirement t’a pris sur un coup de tête ou tu t’établissais déjà avant dans le secteur commercial ?
Ma maman avait un magasin, donc ce point a grandement joué. A l’époque, j’allais l’aider le week-end. Et c’est parti comme ça.
Au tout départ, je vendais des objets publicitaires. Mais un jour, le propriétaire d’une maison d’édition que je connaissais souhaitait vendre. Par conséquent, j’ai sauté sur l’occasion. Je suis allé la voir et on s’est mis d’accord sur la cession.
Les Éditions du Centre ont donc eu leur repreneur. Et il a ajouté sa tâche, je n’en doute pas.
Avant, on comptait que le mensuel et la saison. En parallèle, j’ai créé La Découverte de l’Auvergne. Puis j’ai aussi continué à vendre de l’objet publicitaire et l’imprimerie, pour compléter bien sûr.
Or, en 30 ans, on est confronté à pas mal d’évolutions. Par exemple d’un point de vue commercial, nous sommes passés d’une grande quantité de commerçants indépendants à des franchises. Et ces franchises font bien moins de publicité. Si tu regardes aux alentours également, tu comptes bien moins d’hôtels, moins de magasins indépendants. Mais tous ces commerces demandaient à ce qu’on leur fasse de la publicité. Un véritable changement auquel on a dû se confronter.
Une méfiance construite envers les médias nationaux
Tout autre univers, je désirerais savoir tes opinions sur les médias. En effet, j’ai retrouvé une émission de France Bleu tournée en 2017, dans laquelle tu es interrogée sur Vichy. De quoi te souviens-tu sur cette émission ?
Je garde un bon souvenir. J’ai eu l’occasion plusieurs fois d’être interviewé par France Bleu Pays d’Auvergne. Effectivement, j’ai pu échanger sur le ski et le rugby. Encore du sport, tu vois. Et pour revenir sur cet échange dont tu parles, Vichy est la ville dans laquelle j’ai passé toute ma vie. J’aime Vichy, donc c’est un plaisir de lui consacrer une émission.
Je te jure, je suis capable de te parler des heures de ses habitants, de sa culture, de son commerce, de son sport évidemment… On possède des installations sportives de première ordre. En définitive, comment refuser de mentionner la qualité de vie extraordinaire de cette ville au cours d’une émission !
Trouves-tu que les médias régionaux relatent mieux le quotidien des territoires locaux que les médias nationaux ?
Je trouve que la presse locale relate bien les choses, souvent mieux que la presse nationale oui. A titre d’exemple, à chaque fois que j’ai été reçu à France Bleu, les journalistes ont été bienveillants.
Ainsi, j’ai une impression que je te partages. Je considère qu’il est plus facile de travailler avec ces journalistes locaux que ceux nationaux. La raison, c’est qu’ils sont plus près de la réalité, tout simplement. D’ailleurs, je considère que la presse nationale oriente beaucoup plus leur sujet, et j’ai eu l’occasion de le tester.
« Ces journalistes m’ont fait déclarer ce qu’ils souhaitaient en amont. »
Tu évoques quel cas de figure ?
La presse nationale, elle peut orienter les questions sur ce que le journaliste veut faire dire. En conséquence, elle ne va pas retenir les propos qui sortent du cadre fixé au préalable.
Et ce que je te raconte là, ça m’est arrivé une fois. Au moment de la marée noire, un journaliste, de TF1 il me semble, sort d’un hélicoptère. Il interroge des gens, puis ça tombe sur moi. Il insiste sur la relativisation, comme quoi la marée noire n’est pas une si grosse catastrophe que ça.
Mais moi, j’avais discuté avant justement avec des pêcheurs. Et ces pêcheurs m’expliquaient que c’était si grave. Sache le, il faut 20 ans pour que les fonds marins se reforment. Donc je lui réponds ça au journaliste.
Et ce journaliste n’a pas conservé ta réponse ?
Absolument pas. Il tentait constamment de me faire relativiser. Puis au montage, les journalistes ont bien coupé et ont transformé mon analyse. En post-production, je racontais que la marée noire n’était pas une catastrophe. Ils m’ont fait déclarer ce qu’ils souhaitaient en amont. C’est pourquoi maintenant, je me méfie un peu des médias nationaux.
Enfin, après avoir abordé le journalisme, j’aimerais t’entendre sur les chargés de communication. Toi tu es communicant mais, à la différence de ceux qui sont rattachés à une organisation ou une boîte de com’, tu appartiens au domaine de l’édition. De part ta vision particulière, peux-tu nous lister quelques points communs et de divergence entre le métier « habituel » du communicant et le tien ?
…
Pour en savoir plus, n’hésitez pas à jeter un coup d’œil à la version entière sous podcast. Vous trouverez le « Tu préfères ? » et le jeu Good News / Fake News.
Le Top 10 du jeu Good News / Fake News
| Hadrien Barrau | 7/7 |
| Nicolas Cheviron | 7/7 |
| Géraldine Houot | 6/7 |
| Marc Chaumeix | 5/7 |
| Daniel Desthomas | 5/7 |
| Damien Caillard | 5/7 |
| Émilie Fernandez | 5/7 |
| Sonia Reyne | 4/7 |
| Frédéric Torrent | 4/7 |
| Stéphane Huin | 3/7 |
| Franck Dischamps | ??? |