Sport, enfance, voyage de presse, actu locale,… Pauline Waag couvre tout sujet, dès que celui-ci est en mouvement. Pauline a multiplié les expériences journalistiques lors de cette décennie du côté de La Montagne, de Canal+ ou encore de Turbulences Presse. Cependant, Pauline a depuis totalement bouleversé son activité : elle s’est tout récemment mise à la pige. Comment vit-elle ce changement ? Nous revenons dans ce portrait sur les raisons de ce bouleversement, mais nous nous attardons aussi plus globalement sur son parcours. Retrouvez ce temps d’échanges ici en podcast ou via l’article ci-dessous.

Pauline, toi qui est journaliste depuis déjà une bonne dizaine d’années, peux-tu nous dire à quoi sert cette profession dans la société ?
C’est une question très importante dans la société actuelle. On sait que les journalistes ont un rôle précieux pour informer la population. Et ils vont se comporter tels des relais des actualités négatives, tout comme celles positives.
Puis, la touche personnelle que je souhaite rajouter, c’est d’apporter de la pédagogie aux informations rapportées. En clair, faire apprendre et faire découvrir des choses aux gens. Toujours un plaisir de faire passer ces messages.
Avant de revenir sur tes expériences dans des rédactions, aujourd’hui tu es indépendante. Détaille-nous ce nouveau quotidien ?
En effet, je suis passée au statut de journaliste pigiste, comme le sont beaucoup de mes confrères et consœurs. Pour schématiser, nous ne sommes pas intégrés à une rédaction propre. Nous sommes à notre compte, comme un entrepreneur, même si les statuts restent différents.
De cette façon, nous alternons entre nos initiatives de reportages et les propositions des médias avec lesquels nous travaillons. Nous menons notre investigation de notre côté, avec nos propres recherches et notre propre production (rédaction, photo, vidéo). Donc nous fonctionnons bien comme un journaliste d’une rédaction, juste nous sommes à notre compte et nous sommes libres de travailler avec plusieurs médias.

 

« L’objectif est aussi d’élargir nos champs de compétences. »

 

Avec quels médias collabores-tu ?
Mon activité d’auto-entrepreneur est toute nouvelle. Pour l’instant, je suis surtout avec Centre France et son magazine Massif Central.
Avec cette liberté de journaliste pigiste, écris-tu principalement sur tes sujets de prédilection ?
Chaque journaliste a ses domaines de prédilection. Bien sûr, de mon côté, je m’oriente plutôt vers le milieu culturel. Tout ce qui tourne autour du patrimoine, de l’Histoire, de la gastronomie.
Mais après effectivement, en fonction des médias pour lesquels nous travaillons, nous allons nous adapter. Si on nous propose des reportages qui n’appartiennent pas à nos thématiques phares, nous allons quand même accepter. L’objectif est aussi d’élargir nos champs de compétences, d’étendre notre force de proposition. Sachant qu’un journaliste est formé, à la base, pour écrire sur tous les sujets.

Pigiste libre, mais fonction fragile

D’ailleurs, quelles libertés, mais aussi quelles contraintes, apporte le statut de pigiste ?
Ce statut amène pas mal de libertés par rapport à un salarié. On évoquait tout à l’heure le fait de travailler pour différents médias, cela offre une large indépendance. On a cet avantage d’interagir avec des milieux différents et de sélectionner les reportages que l’on souhaite. Et c’est une vraie chance.
Toutefois, il faut réussir à y vivre, et là c’est plus complexe. Le journaliste pigiste est un métier assez précaire. Il faut constituer suffisamment de liens et de réseaux pour pouvoir vivre de ce statut. Donc ce n’est pas sain. Et moi, je n’en suis qu’au début en plus. Donc j’espère que je pourrais développer mon activité.
Quelles sont tes actualités d’écriture ? Sur quels reportages consacres-tu tes journées ?
Depuis quelques semaines, je travaille avec le magazine Massif Central. Et j’ai dû varier mes sujets d’écriture. En particulier sur l’Histoire puisque nous avons sorti un hors-série sur l’historien Marc Bloch. Et nous avons produit un récit passionnant à son égard.
Pourtant, ce domaine ne rentre absolument pas dans mes champs de compétences, car on touche ici à des articles historiques. Donc j’ai adapté ma façon d’écrire et je me suis efforcée à plus de rigueur dans la vérification des informations.

 

« STAPS a favorisé l’acquisition de cette légitimité dans le journalisme sportif. »

 

L’Histoire n’appartient pas à ta zone de compétences, puisque tu ne sors pas d’une licence dans cette discipline. Non, tu as plutôt passé 3 ans à STAPS, avant de basculer à l’École du Journalisme de Nice. Quand tu as rejoint STAPS, avais-tu dans le coin de l’œil le journalisme ?
Totalement, oui. Aujourd’hui, pour atteindre une école de journalisme, il faut arriver avec un Bac+3. Donc comme je voulais devenir journaliste sportive, qui était vraiment ma passion, j’ai rejoins STAPS pour apprendre des activités physiques et sportives.
Et justement, dans cette filière, j’ai choisi la licence management et communication. Grâce à elle, je savais que je pouvais ensuite me diriger vers un master en journalisme.
A côté de STAPS, tu écrivais sur l’activité sportive locale à La Montagne. Les connaissances scientifiques, dont tu as pu te saisir durant ta licence, ont-elles servi ?
Comme tu l’énonces, j’ai été en effet secrétaire de rédaction à La Montagne, à côté de mes études. Et je couvrais principalement les rencontres sportives. Ils constituaient mes tous premiers pas dans le journalisme.
Puis quand on y réfléchit, je n’avais pas encore les codes de la fonction dans mes premiers articles. Donc je pense que STAPS a favorisé l’acquisition de cette légitimité dans le journalisme sportif. Moi en tant que journaliste, je ne suis pas obligée d’être experte sur tous les sujets que j’aborde, mais mes connaissances dans les activités sportives m’ont quand même grandement aidé.

L’esprit Canal

Ensuite arrive ton stage à Canal+, durant ton école de journalisme. Tu interviens dans les émissions rugby de la chaîne, comme le Canal Rugby Club ou Jour de Rugby. Qu’as-tu appris sur la chaîne du Top 14 ?
En tant que stagiaire, j’ai appris beaucoup de choses. J’ai directement été confrontée aux journalistes de Canal+, ceux qu’on voit au quotidien à la télévision. Échanger avec eux m’a énormément apporté. Donc j’ai été très impressionnée par cet univers particulier de la télé.
Et pour en venir à mes missions durant ce stage, je me consacrais à la partie technique avec le montage vidéo. Cela comprenait la réalisation des images de fond, celles que tu vois passer dans les émissions. Vu que j’étais centrée sur le rugby, je scrutais les matchs pour réaliser un résumé des essais. Cela demandait beaucoup de réactivité.
En 2021 est sorti le documentaire de Marie Portolano « Je ne suis pas une salope, je suis une journaliste ! ». Marie Portolano était à la rédaction sport de Canal+, journaliste dans un milieu assez masculinisé. As-tu regardé ce documentaire et comment vis-tu cette faible présence féminine dans le journalisme sportif ?
Exactement, j’ai regardé ce documentaire et c’est malheureusement une réalité. J’avais d’ailleurs évoqué, dans mon mémoire de fin d’étude, le sexisme que des journalistes peuvent subir. Pour ça, j’avais pu interroger les animatrices rugby de Canal+. Et le constat sur la difficulté de se faire une place, quand on est une femme dans ce milieu sportif très masculin, revenait tout le temps dans ces entretiens.
Après, j’aime bien prendre la contrepartie des choses. Que ce soit à STAPS ou dans la spécificité sport de l’école de journalisme, j’ai toujours baigné dans un milieu avec des hommes en majorité. Donc j’ai énormément travailler pour parvenir à faire ma place. Puis on remarque que cette faible présence féminine peut devenir positive pour mettre aujourd’hui à l’écran plus de femmes, et ainsi atteindre l’égalité.

 

« J’ai directement été confrontée aux journalistes de Canal+. »

 

Nouvelle expérience dès 2018 pour toi, dans le groupe Turbulences Presse. C’est un groupe local qui regroupe de nombreux magazines, pouvant mêler développement personnel et sport par exemple. Existe-t-il des changements dans la méthode de travail entre écrire pour un journal et écrire pour un magazine spécialisé ?
Complètement oui, on n’est pas du tout dans le même registre. Beaucoup de points changent comme le temps consacré au reportage, les exigences fixées, la longueur des articles,… Dans les quotidiens, dès qu’il y a une actualité, il faut foncer et il faut qu’elle soit publiée pour le lendemain. Dans la presse magazine, les délais sont quand même plus longs.
J’ai surtout pris du temps à m’adapter à cette toute autre dynamique de travail. A Turbulences Presse, je devais déjà écrire pour plusieurs magazines différents comme la presse féminine, celle sportive ou sur la santé. Et à chaque fois, effectivement, je m’adaptais au lecteur avec un style qui diffère d’un magazine à l’autre.
Une cible assez particulière, par ailleurs, c’est celle des enfants. Quelques mois après ton entrée à Turbulences Presse, tu deviens rédactrice pour Hello Girls, un magazine pour les jeunes filles. Quels sont les avantages et les contraintes que tu as vécus dans la presse pour enfants ?
Pour le coup, ça n’a plus rien à voir. Il y a un énorme travail de pédagogie à réaliser. Je ne suis pas sûr que beaucoup de journalistes aient expérimenté la presse pour enfants. Tout simplement parce que ce n’est pas évident d’écrire pour ce public.
Ce public est très disparate. Certains savent dessiner, d’autres non. Certains connaissent leur alphabet, d’autres non. Certains savent écrire, d’autres non. C’est donc très important de connaître parfaitement la cible du magazine.

 

« La construction de l’histoire relève vraiment de l’imaginaire de chacun. »

 

La presse pour enfants t’a peut-être permis d’être encore plus imaginative dans les contenus ?
Le côté créatif et artistique est assez fou dans la production de magazines pour enfants, et c’est ce qui m’a tout de suite plu. On crée des jeux, on crée des histoires. Toujours dans la création permanente.
En plus, Turbulences Presse possède beaucoup de licences, comme Hello Kitty par exemple. Donc on avait la possibilité d’utiliser des personnages familiers qui plaisent aux plus petits, ceux qui voient à la télévision. On reprenait les vedettes imagées des enfants pour produire nos histoires, sans bien évidemment dénaturer leur univers ou leur caractère.
Dans cette production, as-tu été autodidacte ou as-tu été quand même formé pour écrire dans ces magazines ?
Mes collègues à Turbulences Presse m’ont évidemment aidé et formé sur ces magazines. Les échanges que j’ai pu avoir avec les licences m’ont également pas mal informé sur les univers de l’enfance.
Mais il est vrai que j’ai appris sur le tas aussi. Chacun a sa propre manière de voir les choses, de composer ses histoires. Ça relève vraiment de l’imaginaire de chacun. Typiquement les jeux, il faut avoir une appétence quand même pour aller chercher les différents types de jeux qu’un enfant peut avoir envie de faire.

Rendez-vous en terre connue

Toujours à Turbulences Presse, tu as multiplié les voyages de presse. Ces voyages alimentaient les différents numéros d’Échappées Belles. Explique-nous comment un voyage de presse se décompose ? Es-tu assez libre dans tes visites, ou plutôt bien encadrée ?
Déjà, il existe différents types de voyages de presse. Il y a les voyages de presse organisés avec d’autres journalistes. Ils répondaient à un planning très précis et cadré, décidé en amont pour correspondre aux attentes des médias présents. Mais chaque journaliste restait libre pour formuler des demandes particulières. Les organisateurs étaient à l’écoute et tentaient de moduler au mieux pour chacun.
Toutefois à Échappées Belles, on organisait nos propres voyages de presse. On s’aidait des partenaires locaux pour construire notre trajet et obtenir des contacts de personnes en lien avec nos thématiques souhaitées. Donc dans ce cas, j’étais dans une totale liberté puisque je réalisais un voyage très personnalisé.
Tu as connu l’Islande, le Costa Rica, l’Angleterre… Pour lequel as-tu gardé le meilleur souvenir ?
Question difficile ! Je suis une grande fan des pays de la Grande-Bretagne. Je conserve de très bons souvenirs de l’Irlande, de l’Écosse et de l’Angleterre. Mais si je dois être honnête, mes voyages préférés ne sont pas les plus lointains… Celui qui m’a énormément marqué, et je vais te surprendre, c’était le Cantal.

 

« Le Cantal ? Comme quoi, ça ne sert pas forcément à quelque chose d’aller loin pour vivre des moment formidables. »

 

Le Cantal n’est pas la destination la plus exotique, en effet. Pourquoi ça t’a marqué autant ? Toi qui as grandi en Auvergne et qui connaissais déjà le Cantal.
J’ai passé une semaine extraordinaire, avec des personnes extraordinaires, à découvrir des métiers extraordinaires. Le principe d’Échappées Belles est d’aller à la rencontre des gens, du patrimoine, de l’artisanat et de la gastronomie. Et ce mélange d’activités culturelles, je l’ai pleinement retrouvé dans le Cantal.
C’est peut-être aussi une manière pour toi de rédécouvrir le Cantal avec une vision différente, celle du journaliste ?
L’approche change complètement. Je ne suis pas arrivée dans un pays étranger avec la barrière de la langue. Je n’ai pas découvert une nouvelle culture. Non. En revanche, on redécouvre toute une région, surtout celles et ceux qui l’habitent. Ces personnes m’ont accueilli de manière très chaleureuse.
C’est fabuleux que des gens passionnés te partagent des messages, te montrent leur mode de vie et te content ce qu’ils réalisent depuis des années. Comme quoi, ça ne sert pas forcément à quelque chose d’aller loin pour vivre des moment formidables.

 

« Il est important que la presse diffuse ces informations culturelles. »

 

Considères-tu que la presse doit participer à la promotion du patrimoine, des activités touristiques et de la gastronomie ?
Pour moi, oui. Le partage de nouveautés, la découverte de lieux, la dégustation de plats insolites, c’est vraiment les sujets qui me passionnent. Je trouve ça bien d’aller dans un pays, ou même quelque part en France, et de faire découvrir des choses que les lecteurs ignorent. Cette approche est très sympathique, et je réitère que c’est important de diffuser ces informations culturelles.
En amont de tes voyages de presse, sais-tu d’avance sur quoi tu allais écrire ou te laissais-tu quand même une place à la surprise ?

La finalité du portrait est à retrouver dans le podcast, grâce au bouton ci-dessous. Vous retrouverez la version complète avec le Oui / Non et le jeu Good News / Fake News.

Le Top 10 du jeu Good News / Fake News

Marion Byrne 7/7
Hadrien Barrau 7/7
Nicolas Cheviron 7/7
Cédric Motte 6/7
Géraldine Houot 6/7
Marc Chaumeix 5/7
Daniel Desthomas 5/7
Damien Caillard 5/7
Émilie Fernandez 5/7
Jean-Marie Prival 4/7
Pauline Waag ???

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