Ce jeudi 16 avril, le Club de la Presse Auvergne tient sa conférence annuelle dans le cadre de la Clermont Innovation Week. Pour 2026, nous prenons place dans la salle du foyer, mise à disposition librement par La Comédie. Et quel est donc le sujet pour cette nouvelle édition ? L’OSINT. Un acronyme qui cache bien des méthodes pour tout journaliste curieux. Pléonasme. Sans surprise, la curiosité n’est pas ce qui manque chez nos 2 intervenants spécialistes Stéphane Rabut et Antoine Champagne. Ils ont longuement échangé durant 2 heures sur l’OSINT, dans une table ronde animée par la salariée au Club Eva Cossart et la présidente Pauline Rivière. Présentation.
« J’aime bien fouiller les choses. » Stéphane Rabut ne tarde pas à dévoiler les raisons qui l’ont guidé à devenir journaliste, spécialisé notamment dans la recherche numérique. Nous en venons donc immédiatement à l’OSINT, dit « open source investigation » ou en français « enquête à partir de sources ouvertes ». Il déploie tout un tas d’outils facilitant les enquêtes journalistiques grâce aux données publiques en ligne. Des données qui sont accessibles de manière légale, il n’est pas question de participer à du recel d’information par exemple.
Mais dans le monde infobèse d’Internet, il devient vite difficile de trouver les informations précises recherchées en amont. Il apparaît donc essentiel de mettre au point des méthodes de travail claires, accessibles pour tous. « Prenez par exemple la méthode du pivot, nous explique Antoine Champagne, co-fondateur de Reflets.info. Si on souhaite trouver l’identité d’une personne, on peut partir d’une simple adresse mail. Puis tiens on tombe sur un numéro de téléphone. Et avec ce numéro, oh un nom apparaît enfin. Cela devient une pelote de laine où on en tire pleins d’infos, et où on peut rapidement s’y perdre. »
« Une telle recherche marche bien si on désire connaître l’environnement d’un individu, complète Stéphane. On va d’abord taper son nom sur Google et trouver ses réseaux sociaux. Cela donne déjà un bon bagage. Puis si c’est un entrepreneur, on va se rendre sur Pappers ou Societe.com pour en savoir plus. Et enfin, la situation familiale donne beaucoup d’infos aussi. J’aime par exemple bien remonter jusqu’aux grands-parents. » Ce sont des modes opératoires qui fonctionnent plutôt bien… jusqu’à tomber sur un nom populaire. Les Dupont et les Martin sont évidemment plus compliqués à détecter dans ce cadre-ci.
Des milliards de données personnelles en libre accès
C’est pour cela qu’il faut aller plus loin. Nous nous rendons compte de la puissance de certains outils précis qui simplifient cette recherche fastidieuse. Et la période finale de démonstrations a bien intrigué le public. Vous voulez des outils disponibles pour mener votre enquête ? Stéphane nous en partage pleins ! Prenons par exemple WhatsMyName Web. Il suffit de taper un nom sur ce logiciel, et il trouve l’intégralité des documents publics en ligne qui concernent cette personne. Si vous êtes passionnés par les trajets aériens, Flightradar24 répertorie tous les vols d’avions dans le monde. Cette liste d’outils n’est évidemment pas exhaustive.
Finalement, sans aucun doute, c’est à Antoine qu’on attribue la palme de la démonstration la plus captivante de l’intervention. Son média Reflets.info répertorie des centaines de leaks, des fuites d’informations sensibles, dans un logiciel développé sur Aleph. Reflets utilise cette immense base de données pour mener ses investigations. Avec une simple barre de recherche, il est possible de taper l’identité d’un individu et de tomber sur toutes les données révélées par les leaks. Les Family Office concernant Patrick Drahi, les Panama Pappers, les leaks d’opérateurs mobiles comme Free,… Des milliards de données sont compilées dans ce logiciel sur-protégé à partir de sources ouvertes.
Pour développer le sujet, vous pouvez consulter le média Bellingcat qui réportorie des dizaines d’outils pour l’OSINT. Et retrouvez ici la retransmission de la table ronde, assurée par Radio Campus.