« Vous souhaitez créer, communiquer, faire le buzz avec vos produits ou services ? » Cette interpellation ne peut être que de l’œuvre d’une agence de communication. Cela tombe bien, notre portrait de la semaine s’attarde sur la gérante de Phoebus Communication, Marie-Luce Bozom. Et c’est bien cette agence qui vous augure la promesse inaugurale. Annonçons-nous aussi un engagement : celui de mieux connaître Marie-Luce à la fin de ce portrait. A retrouver ci-dessous en article ou via ce lien en podcast.

Marie-Luce, décris-nous ce qu’est une personne qui travaille dans la communication ?

C’est forcément quelqu’un qui est passionné. Une personne qui est engagée qui a vraiment envie de se mettre au service des autres. J’ai toujours dit que faire de la communication, c’est être entremetteur dans le sens étymologique du terme : servir de liant.

Et c’est aussi quelqu’un qui a une grande capacité d’écoute. Avant de mettre en place des stratégies, des grandes visions, des idées, il faut être capable d’écouter, de comprendre et d’analyser.

Nous en venons à Phoebus Communication. Comme son nom l’indique, Phoebus est une agence de com’. Évoque, avec nous, son histoire.

Phoebus, je l’ai créée le 16 février 2000. Ça fait aujourd’hui 26 ans que Phoebus existe. À cette époque, j’avais envie de passer à autre chose. Je ne voulais plus être salariée de qui que ce soit, mais je ne savais pas trop ce que j’allais devenir. Puis, il s’avère que j’ai un grand sens rédactionnel. Effectivement, j’adore écrire, j’adore écouter et j’adore transmettre.

Donc tous ces éléments que je te présente m’ont amené à créer Phoebus. Au départ, j’étais seule, ensuite mon époux est arrivé en tant qu’associé.

Que fais-tu aujourd’hui à Phoebus ?

Mon rôle c’est de diriger, de manager. C’est beaucoup de management aujourd’hui. Ainsi, j’apporte de la vision et du souffle. Les journées sont longues à Phoebus, et même dans n’importe quelle autre agence de communication. Si on a envie d’une vie calme, posée et avec du train train, il ne faut pas faire de com’…

La com’ c’est continuellement de l’adaptabilité, l’agilité permanente. Par exemple, lorsqu’on se retrouve en gestion de crise, comme ça nous est arrivé deux fois en 2025, il est important d’être très réactif.

 

« Dans chaque dossier, chaque membre va se nourrir des conseils des autres. »

 

Et tu n’es pas seule face à ces défis.

La chance que j’ai, c’est d’avoir une équipe qui a de l’ancienneté, qui est très engagée et qui travaille dans une autonomie totale. L’équipe progresse tout le temps grâce à des formations continues. Toujours important de bénéficier de formations techniques, de formations comportementales, de participer à des conférences pour accroître son champ de compétences.

Et cette autonomie exceptionnelle me confère une faible intervention. J’interviens seulement lorsqu’elle a un besoin de vision, de partage, de projection. Je m’occupe aussi des animations sur scène. Mais pour tout le reste, l’équipe est totalement autonome. Ça, c’est extraordinaire.

Peux-tu nous présenter l’équipe Phoebus Communication ?

Alors, on va le faire par ancienneté, on va dire. D’abord, Aurélie Simondet qui est notre directrice de production. Elle était arrivée après une année en Espagne où elle faisait de l’événementiel. Aujourd’hui, elle s’occupe notamment, dans leur intégralité, des dossiers comme la Fondation Jacques Chirac avec un colloque organisé tous les 2 ans à l’Assemblée nationale. Nous avons également avec nous

Margaux Schneider, qui est directrice éditoriale et de marque. Parmi ses missions, elle va gérer la Fédération française de parachutisme et aussi Uniplaneze, qui produit des plats de terroir dans le Cantal. Elle peut s’attarder sur l’événementiel, sur les relations presse, sur le social media. En général, mon équipe détient une palette de compétences qui fait que dans chaque dossier, chacune des membres va se nourrir des conseils des autres.

Chacune des membres… Mais chacun aussi avec Pierre Chaize, le directeur artistique.

Bien sûr, Pierre Chaize est arrivé juste après. Mais Pierre était en freelance avant, et on travaille en fait avec lui depuis 17 ans. Et il s’est avéré qu’à un moment, c’était plus confortable d’avoir une part de salariat. Donc il est revenu au sein de Phoebus, mais en fait il nous n’a jamais quitté.

Pour poursuivre, nous avons Jade Delplanque qui est notre chargée de communication très transversale. Elle est un appui pour tous les membres de l’équipe, avec un engagement sans faille. Un parcours très intéressant aussi car elle a vite compris le métier [retrouvez dans le podcast comment Jade a convaincu si vite].

Marie-Luce : Phoebus, mais pas que !

Quels clients accueille Phoebus Communication ? Viennent-ils de tous les secteurs ?

On reçoit des clients de tout secteur confondu. On a travaillé dans le médical en accompagnant la clinique de La Châtaigneraie pendant 10 ans. Nous avons aussi des clients du monde agroalimentaire, que ce soit Lactalis, Paul Dischamps ou Wälchli. En tout, pour nos clients, on envoie à peu près 1 500 communiqués de presse par an. Tu comprends là qu’on est vraiment pluridisciplinaire dans notre démarche.

Par contre, on a toujours eu une signature qui fait que 26 ans après, nous sommes toujours là. Ce n’est pas évident car une agence de com’, en général, a une durée de vie de 2 ans et 9 mois, d’après la CCI. Donc oui, pour durer 26 ans de de vie, il faut une signature. Et la signature Phoebus, elle est authentique. C’est-à-dire que nous n’acceptons jamais de travailler pour des clients pour qui il faudrait mentir. Ça n’est pas possible pour nous. Ce n’est pas dans notre ADN.

En 26 ans, ton agence a rencontré de nombreux bouleversements. La progression d’Internet, l’arrivée des réseaux sociaux, l’IA plus récemment. Comment s’est-elle adaptée aux changements dans le monde ?

Elle s’y est adaptée à chaque fois en l’anticipant. Typiquement, la vague Internet jaillit vers 2012. Nous, on avait déjà pris une orientation très forte en 2008. Cette année-là, on s’était rendu compte que notre métier c’était 80 % d’événementiel et 20 % de relations presse. Et là, on se doutait que toutes les entreprises allaient ré-internaliser tout ce qu’elles avaient délégué à l’extérieur par le passé.

Donc en partant de ce constat, il fallait qu’on se réinvente. Ainsi, avec mon associé, on a accentué la partie relations presse. Donc on n’a pas attendu de subir, on a toujours été ouvert dans cette démarche de compréhension de ce qu’était l’évolution du monde de la communication.

À côté de Phoebus, tu te dotes d’autres casquettes.

Oui. Je suis engagée dans le milieu économique, absolument pas politique, mais vraiment économique à travers mon rôle de secrétaire générale de la Chambre de Commerce et d’Industrie du Puy-de-Dôme. Je suis aussi vice-présidente de la conférence régionale du sport Auvergne-Rhône-Alpes.

Puis j’intègre également les conseils d’administration du Club de la Presse Auvergne, d’ASM en mêlées, d’un certain nombre d’autres structures. Parce que je crois profondément, Lucas, qu’on ne peut pas être acteur sur son territoire si on n’y est pas engagé.

 

« Comment savent-ils que j’ai réussi à allumer ma tondeuse ? »

 

Avant Phoebus communication, tu as connu une autres vie. Tu travaillais du côté des assurances et de la comptabilité. Explique-nous comment s’est déroulée cette période et pourquoi tu t’es reconvertie dans la communication ?

De 19 ans à 39 ans, j’ai connu 11 entreprises. Des entreprises dans lesquelles j’ai progressé à chaque fois. Toutefois, quand j’avais fait le tour de chacune d’entre elles, je m’ennuyais. Mais alors que ça m’ennuyait, c’était terrible.

Puis un jour, j’ai quitté Lyon pour être embauchée dans un cabinet clermontois. Et c’est là que j’ai eu la révélation : « Non, je veux faire autre chose de ma vie ». Et cette autre chose, ça a été la communication.

Avec le recul, je n’avais jamais imaginé ce que Phoebus allait devenir. C’était impensable pour moi, partant au tout début de mon Ariège natale, de rencontrer au quotidien des dirigeants, des élus, des ministres et même des présidents.

Je veux maintenant rebondir sur un événement qui s’est passé en 2011. Tu as été nommée Chevalier dans l’Ordre National de la Légion d’Honneur. Comment as-tu appris cette nouvelle ?

Une grande surprise. Faut remonter en 2009, l’année où j’ai été atteinte de mon premier cancer du sein. J’ai été opérée du sein droit. Puis en avril 2010, je réussis à lancer la tondeuse pour la première fois. Ce geste fait terriblement mal, mais c’est le symbole de mon retour dans la vie. Et là, mais à la seconde, je commence à avoir sur mon téléphone des textos. Ils me lancent des « Marie-Luce, félicitations ! ». Mais comment savent-ils que j’ai réussi à allumer ma tondeuse ?

Puis les messages de félicitations se poursuivent et je reste interloquée. Je ne comprends pas, jusqu’à ce qu’on m’incite à lire le journal officiel. Là j’apprends que j’ai été présentée par quelqu’un, dont je ne connais pas l’identité, pour recevoir l’Ordre National de la Légion d’Honneur.

Quelles réactions procure cette récompense ?

Ma première pensée fut de la fierté. On ne peut pas avoir une information pareille sans avoir de la fierté. Je l’ai reçu à deux titres, au titre associatif et au titre économique. Cela correspondait à mon investissement en tant que présidente du Groupement des créateurs d’entreprises, en tant que présidente de la commission création / reprise au sein de la CCI et de tous les engagements qui étaient les miens.

Sur le coup, j’ai pensé forcément à mes parents. J’ai pensé à mes grands-parents, qui avaient été tous deux résistants. Ensuite, un an après, Édith Cresson m’a remis cette légion. Beaucoup d’émotions sur le moment, en particulier le mot honneur qui revient avant tout.

Comment Phoebus Communication travaille avec les journalistes ?

Qui est, pour toi, un journaliste ?
C’est quelqu’un pour qui j’ai un immense respect. Un journaliste vit une vie de fou. Il reçoit 600 mails par jour, et derrière il va devoir écrire dans un délai absolument concis pour que ça rentre le soir. Donc un métier difficile, très difficile.
Journalistes et communicants occupent plus ou moins le même milieu. Est-ce que tu notes quand même quelques points de divergence entre les deux ?
De divergence, non. Si le sujet intéresse le journaliste, il va le prendre. S’il ne l’intéresse pas, il ne le prendra pas. Encore une fois, un exemple. Durant la Covid, plus personne ne pouvait bouger. Et des journalistes de la France entière nous appelaient : « Je voudrais faire un sujet, sauf que je ne peux plus aller sur le territoire. Est-ce qu’il y a quelqu’un que vous connaissez autour de vous qui pourrait être interviewé par téléphone ? ». Ainsi, nous avons vraiment servi de relais pour les journalistes avec les acteurs du territoire.

 

« Tout le monde n’est pas à l’aise face au regard des autres. »

 

Tu nous as confiée aussi que tu tenais beaucoup de discours. Tu n’interviens souvent pas seule, puisque tu peux être accompagnée d’intervenants comme tes clients. Cela ne doit pas être évident de pousser quelqu’un à s’exprimer en public, alors qu’il peut ne pas se sentir à l’aise à l’oral ?

Je te raconte ma première animation que j’avais faite pour une inauguration sur Clermont-Ferrand. Un petit millier de personnes était présent. Avant l’intervention, j’avais proposé à l’organisateur, qui était avec moi, de monter sur scène pour répéter. Il m’a rétorqué : « On va y aller Marie-Luce et tout ira bien ».

Donc nous voilà sur scène, toujours devant les 1 000 personnes. Et là, crise de tétanie totale. Il ne pouvait plus dire un mot. Il m’a donc fallu meubler pendant environ 5 minutes afin qu’il ne perde pas la face. A partir de ce moment, je me suis dit que plus jamais je ne vivrai ça. C’est trop dramatique le stress que la prise de parole en public génère sur quelqu’un.

Aurais-tu des conseils à appliquer pour combattre ce trac ?

Maintenant, j’oblige les intervenants à répéter. Donc on les fait venir ici à Phoebus. Première étape : sur le canapé avec le téléphone en face, on filme. Et on recommence le nombre de fois qu’il faut pour qu’il réussisse, pour que le rendu soit fluide.

Ensuite, on passe debout et on réalise la même démarche. Puis quand il le faut, on met une baffle et on prend un micro. Les conditions ne sont pas les mêmes avec la réverbération et la présence sur scène.

Mais même avec cette méthode, des fois, c’est toujours aussi dur parce que tout le monde n’est pas à l’aise face au regard des autres. Mais au moins, on prépare beaucoup et ce travail en amont aide.

Quand tu souhaites rencontrer des journalistes, par quels moyens passes-tu ? Des moyens formels comme la conférence de presse ou des moyens plus informels comme aller boire un café, se rencontrer pour un déjeuner ?
Pour avoir réponse à l’interrogation, un seul moyen s’offre à vous : la version podcast. Vous retrouverez un portrait bien plus détaillé avec en plus le Oui / Non et le jeu Good News / Fake News.

Le Top 10 du jeu Good News / Fake News

Hadrien Barrau 7/7
Nicolas Cheviron 7/7
Géraldine Houot 6/7
Marc Chaumeix 5/7
Daniel Desthomas 5/7
Damien Caillard 5/7
Émilie Fernandez 5/7
Frédéric Torrent 4/7
Lila Boulandet 3/7
Hervé Delaval 2/7
Marie-Luce Bozom ???