Un espace sécurisé où l’entrée est interdite. L’AIA, Atelier Industriel de l’Aéronautique, ouvre rarement ses portes. La raison est toute trouvée : l’AIA se charge de la maintenance des avions de l’armée française. Confidentialité, maître-mot. Comment un service communication peut fonctionner dans un environnement si cloisonné ? Tout l’enjeu de notre nouveau portrait avec Lila Boulandet, alternante en communication à l’AIA de Clermont-Ferrand. A retrouver en podcast, via ce lien, et sous l’article ci-dessous.

Bonjour Lila, peux-tu nous définir, de manière concise, ce qu’est une chargée de communication ?
Bonjour. Pour moi, une chargée de communication c’est quelqu’un qui intervient sur de l’externe, par exemple pour recruter, ou sur de l’interne pour fidéliser les employés.
Et plus en détail, quelles sont tes missions en tant que chargée de communication à l’AIA ?
D’abord pour commencer, je suis à l’AIA, l’Atelier Industriel de l’Aéronautique. L’AIA est dirigé par le SIAé, le Service Industriel de l’Aéronautique. On en compte 5 en France avec celui de Clermont-Ferrand: celui d’Ambérieu, de Bretagne, de Cuers-Pierrefeu et de Bordeaux. Et j’ai intégré l’AIA de Clermont-Ferrand en alternance depuis déjà 3 ans.

Je travaille principalement sur de la communication interne. Mon rôle est de fidéliser les employés avec des campagnes d’affichage. Je fais également de la réalisation de logos pour chaque entité, afin de leur donner un sentiment d’appartenance. Puis il y a le volet de l’intranet pour fidéliser les employés. Après, je travaille aussi sur de la com’ externe au niveau de LinkedIn.

Confie-nous quel parcours universitaire te précède.
J’ai commencé, après le Bac, par une première année de géographie. Ensuite, je me suis dirigée sur deux années de BTS Communication à Clermont-Ferrand. J’ai enchaîné, dans cette même école, sur un Bachelor Chargé de communication digitale et événementielle.

Et aujourd’hui, me voilà en première année de Master Design graphique, à l’ESDAC, Clermont-Ferrand toujours. Dans ce master, j’apprends beaucoup sur ce qui tourne autour de la photographie, tout ce qui va être management également. On découvre plus en détail le rôle de directeur artistique, du chargé de communication. Et puis on développe nos compétences sur la vidéo, le graphisme ou encore l’animation de 3D.

 

« J’aime vraiment bien cette action de fidéliser nos employés. »

 

Tu es en alternance entre l’université et l’AIA. Comment parviens-tu à te coordonner sur ces deux structures ? Comment ça se passe pour toi ?
Alors au début, c’était un peu compliqué. Mais ça fait désormais 4 ans que je suis en alternance, depuis ma première année de BTS. Donc à force, j’ai appris tout doucement à bien alterner les deux. L’AIA m’apprend quand même plus au quotidien, parce que c’est vraiment le monde professionnel.

Après à l’école, j’apprends beaucoup plus de ce qui relève de la technique. Je vais apprendre de nouvelles choses avec des professeurs, m’exercer sur de nouveaux trucs que je n’ai peut-être pas l’occasion de faire à l’AIA. Typiquement, je travaille sur de l’animation 3D en cours. On utilise Blender, où on apprend avec des tutos et l’aide du prof. Une technique dont je ne me sers pas à l’AIA, mais qui pourra me servir dans le futur.

Et en parallèle, qu’est-ce que ça t’apporte dans ton cursus d’être en alternance ici ?
Moi de base je suis très timide, donc cette alternance m’apporte beaucoup au niveau humain. Et après au niveau du travail, j’ai des belles relations avec mes collègues. On s’entraide beaucoup et j’apprends pas mal de choses. Notamment avec mon collègue Philippe, qui lui est sur le graphisme et qui me passe des petits tips assez sympa.

 

« Community Manager ? Je ne pouvais pas faire ça toute une vie. »

 

As-tu souhaité travailler dans la communication depuis longtemps, ou c’est arrivé assez tard ?
Alors c’est arrivé assez tard. Déjà après le Bac, je ne savais pas du tout quoi faire. Vraiment, c’était le néant pour moi. Et c’est à partir de la fac de géographie où je me suis dit : « Mais, en fait, ce que j’aime faire, c’est créer ».

Donc je suis totalement partie dans la communication, même si je ne savais pas vraiment à quoi m’attendre. De base, je voulais vraiment être Community Manager, donc vraiment travailler sur les réseaux sociaux. Puis finalement, j’ai assisté à des cours de Community Manager. Et j’ai détesté ça. Cette mentalité de s’imposer des injonctions, « il faut que je fasse un post par jour », m’insupportait.

C’était le cas durant mon alternance en première année de BTS en boulangerie. Durant un an, j’ai enchaîné un post tous les jours, sachant qu’il fallait que chacun soit différent de l’autre. C’était redondant. Je ne pouvais pas faire ça toute une vie. C’était impossible. Enfin, je me suis orienté vers la com’ interne. Et j’aime vraiment bien cette action de fidéliser nos employés. Cela me plaît bien plus.

Existe-t-il une raison particulière qui t’a menée à l’AIA, ou est-ce que ton arrivée est venue d’une recherche assez spontanée ?
Une chargée de recrutement m’a juste contactée sur LinkedIn. Et de base, pour être vraiment honnête, je ne voulais pas du tout y aller. C’était hors de question de travailler pour l’armée.

Puis je suis allée à l’entretien. Et en fait : j’ai adoré. Les gens sont super sympas, l’équipe est gentille et géniale. Les missions fixées me plaisaient, et c’est ce que j’attendais en tout cas.

Les pratiques de la communication

Comment savoir ce que l’on peut diffuser et ce qui est de l’ordre confidentiel à l’AIA ?
Moi je passe par mon chef, parce que je suis qu’apprentie, pour n’avoir aucun problème. Passer toujours par mon supérieur me permet d’être sûr des informations à transmettre ou à ne pas transmettre. Tout est contrôlé.

Il suffit qu’on voie un avion avec son numéro pour que le contenu ne soit absolument pas diffusé. C’est pour cela qu’il existe 2 photographes attitrés. Et j’essaie d’apprendre avec eux sur ce qu’on peut capturer en photo, et ce qui faut absolument masquer.

Quand tu réalises tes affiches, peut-être que tu fais des vidéos, quels logiciels utilises-tu ?
J’utilise Lightroom pour les photos. On m’a toujours demandé d’utiliser ce logiciel. J’utilise essentiellement le pack Adobe avec Premiere Pro, InDesign, Illustrator.

Par contre, c’est un non catégorique pour Canva. J’ai débuté avec Canva et on se rend bien compte de l’absence d’une totale liberté. Beaucoup de points sont déjà définis. Et moi ce que j’aime dans le graphisme, c’est la créativité. Donc oui, je suis pro Adobe.

L’IA a fait son apparition dans le graphisme. Peux-tu nous donner ton avis là-dessus ?
Alors moi, je ne suis pas contre l’utilisation de l’IA en général. Elle fait désormais partie de la vie de tous les jours. Il faut juste savoir bien doser son utilité.

Il reste nécessaire de réfléchir en amont de toute utilisation de l’IA, par exemple pour l’écriture de texte comme des communiqués de presse. Elle aide notamment pour les tournures de phrases. Mais pour mes contenus graphiques, je ne m’en sers pas du tout.

 

« Nous ne trouvons pas d’utilité à être présents sur Instagram et TikTok. »

 

Dans ton volet de la communication, il existe deux parties, une partie interne, une partie externe. Dans la partie interne, c’est à destination des employés. Quels messages leurs transmets-tu en manière générale, et par quel moyen ?
Il y a beaucoup de messages à transmettre. Là, par exemple, en ce moment, je suis sur une campagne, qui a duré un an, qui concerne tout ce qui touche à l’ergonomie au travail. L’enjeu est de montrer comment ne pas se faire mal. Il est vrai que le travail en hauteur sur les avions n’est pas optimal. Les postures sédentaires, par exemple des bureaux, engendrent aussi des maux.

On va donc vraiment montrer comment l’employé peut agir pour son bien-être. Pour transmettre ces messages, on utilise de l’intranet, les affiches, l’affichage dynamique via les écrans.

Comment fidéliser les employés ?
Les événements attirent beaucoup et réussissent à créer un sentiment d’appartenance. Dernièrement, il y a eu récemment la soirée bowling dans ce sens.

On organise des petites fêtes également où c’est l’occasion de se réunir entre employés autour d’un repas. En début d’année, on a un bel exemple avec la galette des rois.

Et sur la partie communication externe, à destination des publics, comment relaies-tu les événements de l’AIA ?

J’écris des articles pour donner les événements qui ont eu lieu ou qui vont avoir lieu. Par exemple, dernièrement, on a participé à Origine Auvergne au salon de Clermont-Ferrand. Et donc là, on a fait une petite communication pour remercier les bénévoles qui ont été présents sur le stand pendant le week-end.

Je vais évoquer aussi les cérémonies comme celle du 8 mai et celle du 11 novembre. On va mettre vraiment en avant ce que fait l’AIA et ce que font les employés.

Mais en soit, d’un point de vue externe, on parle plus de recrutement parce qu’il existe un gros besoin de main d’œuvre à l’AIA. Ainsi, on poste sur LinkedIn pour promouvoir l’Atelier. Des posts du type « 5 bonnes raisons de postuler à l’AIA » où on énumère les avantages de travailler ici. Et cette communication est réalisée en collaboration avec le bureau des Ressources Humaines.

Quant aux moyens, ils restent limités. Sur les réseaux sociaux, nous n’avons que LinkedIn. Nous ne trouvons pas d’utilité à être présents sur Instagram et TikTok. C’est un choix du SIAé.

Est-ce que les journalistes sont une cible de la communication de l’AIA ? As-tu, à titre personnel, des relations avec les journalistes ?
Pour tout savoir sur les relations entre journalistes et AIA, on vous invite à découvrir le podcast en intégralité via le bouton ci-dessous. Vous retrouverez en plus tous les détails du portrait de Lila, le Oui / Non et le jeu Good News / Fake News.

Classement du jeu Good News / Fake News

Émilie Fernandez 5/7
Damien Caillard 5/7
Frédéric Torrent 4/7
Lila Boulandet ???