Capter l’ambiance dans un festival, Groompf Production s’en charge. Plus que ça, Groompf Production crée des podcasts pour le monde culturel et ses acteurs. Mais qui se cache derrière cette société au nom singulier ? Un seul journaliste mène ce projet : Hadrien Barrau. Et nous allons retirer tout secret sur Hadrien grâce à ce nouveau portrait. A suivre en podcast via ce lien ou dans cet article.
Bonjour, Groompf Production, c’est une entité. Groompf Production se dessine comme une boîte de production de podcasts. Et le podcast est une passion pour moi, le son est une passion pour moi.
En parallèle du podcast, je fais de l’éducation média auprès des jeunes en milieu scolaire. Ça peut aller jusqu’à de l’animation de table ronde, de la modération, voire du média training.
C’est un des objectifs en fait. Généralement, je propose des productions aux organisations. Mais pour le coup c’est La Comédie, et notamment la responsable communication Émilie Fernandez, qui est venue vers moi. Elle m’a présenté le concept, qui était déjà bien défini, et moi avec mon micro je n’avais plus qu’à titiller la magie de la réalité.
Le but de cette association entre La Comédie et Groompf Production était d’avoir des acteurs, de capter le ressenti des gens et de raconter ce qui se passe.
Et si tu veux connaître la difficulté de cette création là, c’était qu’il fallait tourner souvent le soir et sortir le podcast la veille pour le lendemain. Donc ça signifiait des soirées très occupées où il fallait créer, mettre de l’ambiance et raconter. Ce fut très sympa et avec Émilie, qui a également participé, on a bien travaillé ensemble.
« J’ai juste à poser quelques questions à ma grand-mère, et ça file tout seul. »
C’est rigolo parce que cette idée mélange du professionnel et du personnel à la fois. J’ai réalisé le premier épisode pour ma formation à l’ESJ Pro de Montpellier lors d’une semaine podcast. J’avais déjà cette idée d’interviewer mes grands-parents car mon grand-père commençait à avoir des hallucinations. Et je me suis rendu compte que je n’avais pas beaucoup échangé avec lui sur sa jeunesse en Algérie, puisqu’il faut savoir que mes grands-parents sont des pieds-noirs.
Donc j’en discute avec ma grand-mère qui me répond : « Bah moi, je peux t’en parler ». Et on a tourné cet épisode prologue pour l’université, mais surtout pour rendre hommage à mon grand-père. Un hommage à la mémoire perdue dans tous les sens du terme : à sa mémoire qu’il a perdu et à ce que j’ai perdu quand il est parti.
Même si ma grand-mère représente une seule personne sur le million de pieds-noirs, son témoignage compte dans le devoir mémoriel. J’insiste sur le devoir mémoriel parce qu’il apporte un éclairage sur un épisode de l’histoire qu’on ne connaît finalement pas trop.
Quand j’ai quitté la radio, je suis allé reproposer à ma grand-mère si elle était toujours partante. Et elle était toujours aussi motivée pour raconter ses souvenirs, nous narrer l’héritage d’une femme pied-noir. Moi, je trouve qu’elle explique super bien, un vrai bonheur à écouter. J’ai juste à lui poser quelques questions et ça file tout seul. Même des fois, j’ai mes vieux réflexes de journaliste qui aimeraient la couper. Mais non, il ne faut pas, elle a toujours une anecdote qui se niche.
Un sujet sur lequel nous nous sommes arrêtés, c’est sur la notion de colon. « Moi, je ne suis pas colon. », m’a-t-elle énoncé. Et je l’ai relancée : « Pourquoi tu n’es pas colon ? ». Et elle développe sur la différence entre elle et les grands propriétaires terrains qui ont gagné beaucoup d’argent sur le système colonial.
Quand j’ai décidé de pleinement me lancer dans Groompf Production, j’ai acheté un enregistreur Zoom. Un P4, il me semble, avec 4 entrées, donc pour les tables rondes c’est top. Donc tu vois bien qu’avec 4 entrées, il faut bien 4 micros avec les fils qui vont. Un matériel quand même conséquent pour faire du bon boulot. Et moi qui viens de la radio, évidemment que la qualité du son est très importante et concentre mon attention.
Puis je travaille sur l’ordinateur pour le montage, à l’aide d’un logiciel gratuit. C’est Reaper, pour le citer, où j’ai mis un moment à me l’approprier puisque j’en utilisais un autre à RCF.
L’amour pour le son
Je suis effectivement amené à leur faire découvrir tout ça, oui. Je leur fais beaucoup travailler le son. Là, je suis allé dans le Cantal, au collège George Pompidou. Et les élèves ont produit un podcast mémoriel autour de la Première Guerre mondiale. Ils devaient vraiment faire tout le travail sonore. Par là, j’entends l’écriture pour la radio, donc des phrases courtes, le passage au micro avec la voix off, etc…
Et on a même poussé le bouchon encore plus loin, nous nous sommes mis au bruitage maison, par exemple les pas du soldat. Pour produire leur contenu, je leur donne accès à mon matériel. Donc, ils apprennent à parler dans le micro et à le tenir à la bonne distance.
Oui exactement. Plein la Bobine est un festival international de ciné jeunesse. Un festival par et pour les enfants. C’est-à-dire que parmi les jeunes qui vont là-bas, certains votent pour les films et d’autres émettent des projets. Et moi, j’encadre cette année deux classes radio porteuses de projet. Donc je commence à leur faire découvrir le micro et la chasse au son aussi.
Il faut que ce rapport au réel par la prise de son soit concret pour eux. Et cela passe par la manipulation. Une phase de préparation nécessaire avant d’interviewer des professionnels du cinéma comme des réalisateurs. Ainsi, ils arrivent moins stressés car ils maîtrisent le matériel qu’ils utilisent.
Ça monte même à plus loin que ça RCF en fait. Ça a duré presque 10 ans ! Je vais t’expliquer pourquoi. À l’époque, j’ai monté une web radio étudiante à l‘université catholique de Lyon, où j’ai fait mes études post-Bac. Et il s’avère que RCF Lyon s’est installé dans les mêmes locaux. Au début, j’enregistrais dans leurs studios professionnels. Et c’est de cette manière que j’ai noué le contact avec eux. J’avais, par la suite, réalisé un service civique avec RCF Lyon, parce que j’avais raté mes concours pour les écoles de journalisme.
Et une fois que j’ai réussi à entrer dans une des écoles, je devais trouver une alternance. Une alternance que j’ai obtenue à… RCF Savoie Chambéry. Par la suite, j’ai obtenu mon diplôme et j’ai accepté une proposition de CDI de RCF Puy-de-Dôme, où j’ai découvert le merveilleux territoire de l’Auvergne.
Tu l’as bien compris, mon parcours professionnel de radio se compose exclusivement de RCF. Puis ça s’est terminé justement parce que j’avais ces envies de voler de mes propres ailes. J’avais en moi cette pulsion de créer en étant indépendant.
« Marseille, c’est vraiment ma racine. »
Cette licence de lettres modernes était accompagnée, je précise, d’une mineure sciences politiques. Donc j’avais toujours cette volonté d’être journaliste. Mon rêve premier, c’était même de devenir commentateur sportif. Je suis complètement fou de sport. Par conséquent, tu te demandes : pourquoi une licence de lettres pour atteindre ce rêve ? Je suis passé par ce chemin parce que je ne voulais pas me lancer tout de suite dans les concours pour les écoles de journalisme.
J’ai opté pour lettres pour une double raison : mon amour pour la littérature et le développement de la culture générale. C’est vraiment l’avantage de cette licence où on assiste à de la danse, du théâtre, de l’opéra. J’ai ainsi pu connaître des œuvres que je ne connaissais pas. Puis quand j’ai atterri à RCF, j’ai animé des émissions culturelles. Et le bagage culturel initialement consolidé m’a apporté des références face à des auteurs, des metteurs en scène, des danseurs,…
L’OM, c’est un peu dur dernièrement. Au moment où on se parle, l’entraîneur Roberto De Zerbi vient d’être viré. Et moi qui suis né à Marseille, je peux te confirmer que le club est bien à l’image de la ville. Tout le temps les montagnes russes.
Puis un jour, ma famille a déménagé à Lyon. Et j’ai dû quitter Marseille contre mon gré. Lors du trajet Marseille-Lyon, j’ai pleuré. Marseille, c’est vraiment ma racine. Là où j’ai grandi durant 10 ans, tu comprends ? Ainsi, mon moyen de ne pas perdre mon identité passe par l’Olympique de Marseille. C’est ce qui me rattache encore à ma ville, tel un membre de ma famille. Des fois, il m’agace fortement. Et des fois, il me rend très heureux.
Groompf Production, compatible avec les communicants des organisations ?
Il est vrai que ça a été un questionnement chez moi. Est ce que j’empiète sur leur champ de compétences ? Je vois mon travail comme une plus-value, je dirais. J’arrive vers les entreprises ou les Maisons de la Culture toujours pour leur faire une proposition, et c’est de leur ressort d’accepter ou de refuser. Mais on va travailler ensemble avec les communicants pour créer un produit pour leur organisation. Il ne faut jamais oublier d’écouter leurs envies et leurs besoins.
Pour le cas de La Comédie, oui elle crée des podcasts. Elle le fait très bien, mais je vais leur apporter un regard que La Comédie n’a pas imaginé. Le produit final va leur ressembler. Toutefois de mon côté, je vais apporter ma patte personnelle à ce produit. C’est là que je pense que c’est complémentaire et que je n’empiète pas totalement sur leur fonction. On a des savoir-faire différents qui se complètent.
J’apporte une expertise journalistique d’abord. Je me considère comme journaliste, j’ai la carte de presse. Je fais du podcast à des fins de communication, entre guillemets. Cependant je ne suis pas un communicant. Dans le sens où je ne vais peut-être pas savoir mettre en avant l’organisation, comme le saurait le faire un chargé de communication. Moi je n’ai pas du tout cet apprentissage là.
Par contre, tout mon bagage journalistique que j’ai appris, la technique et la présentation, je vais le ramener. J’accompagne de A à Z l’écriture : de l’imagination d’un format au montage du produits fini.
« Grâce à eux, je suis devenu un meilleur reporter. »
Et le deuxième mot, c’est l’humain. Ces conférences de presse constituent des moments avec les confrères journalistes. On va discuter entre nous sur ce qu’on est en train de vivre dans les rédactions, sur l’actualité ou même sur la vie. Durant cette fameuse attente, on se met à discuter de tout et de rien. Et ils forment des moments précieux, loin de notre tunnel personnel.
Ce sont des opportunités aussi pour me nourrir d’eux. La manière de capter l’ambiance pour un journaliste télé ou de presse écrite m’a inspiré. Avant, j’avais plus tendance à juste prendre le son, et voilà j’avais fait mon boulot. Maintenant, je me suis nourri de ce que font les autres, comment ils retranscrivent l’ambiance. Et je suis devenu, ainsi, un meilleur reporter.
Et un autre exemple de confraternité, ça m’est arrivé de ne plus avoir de pile dans mon enregistreur radio. Donc mon confrère va enregistrer puis m’envoyer la bande sonore. Et pendant ce temps, je pourrais continuer à exercer mon métier en posant des questions.
Classement du jeu Good News / Fake News
| Nicolas Cheviron | 7/7 |
| Géraldine Houot | 6/7 |
| Émilie Fernandez | 5/7 |
| Damien Caillard | 5/7 |
| Daniel Desthomas | 5/7 |
| Marc Chaumeix | 5/7 |
| Frédéric Torrent | 4/7 |
| Lila Boulandet | 3/7 |
| Hervé Delaval | 2/7 |
| Hadrien Barrau | ??? |