Pour le lancement de la saison touristique de Terra Volcana, Riom ouvre les portes de son ancienne maison d’arrêt, aux médias et autres invités. L’office de tourisme nous offre une visite guidée, riche d’une exposition culturelle soulignant les non-dits de son passé.
Dix ans qu’elle n’accueille plus un seul prisonnier. L’ancienne maison d’arrêt, emblématique à Riom, nous reçoit en ce mardi 24 février. Elle signe l’amorce de la matinée de lancement de l’office de tourisme Terra Volcana, qui couvre une zone d’activités de Volvic à Eiffiat.
Entre 40 et 50 journalistes et acteurs du tourisme ont fait le déplacement dès la visite. L’occasion de défricher l’Histoire de la prison, créée en 1866, avec Antoine Davas, responsable du Pays d’art et d’histoire de Riom Limagnes et Volcans, et Fabien Dugour, directeur de projets Action Cœur de Ville.
Les échos sur sa destruction, entendus depuis des années, ranime le désir d’en savoir plus sur ce monument historique. Tout le sens donc de la présentation inaugurale. « Vous retrouverez différents secteurs durant la visite, présente Antoine. Ce bâtiment-ci accueillait les femmes, et celui-là était consacré pour les élus… » Des éclats de rire émerveillent le récit narré. Il suffit de faire le rapprochement avec les affaires judiciaires du monde politique actuel pour feindre au moins un sourire.
Le bâtiment mentionné par Antoine concerne les opposants politiques arrêtés par l’État français durant la Seconde Guerre mondiale. Léon Blum, Édouard Daladier, le général de Lattre de Tassigny et évidemment Jean Zay. Ils ont tous été détenus quelques jours, voire même 4 ans pour ce dernier.
« Écouter, surveiller, réinsérer »
L’ancienne maison d’arrêt demeure-t-elle sale ? C’est la question à laquelle certains ont pu penser à la vue des nombreux plastiques et matériaux coincés dans les barbelés. Mais que nenni, nous rétorque Antoine : « Les bouteilles prises dans les concertinas sont les vestiges des moyens de communication entre détenus. Ils plaçaient leur message dans la bouteille avant de la jeter en direction de la cour. Et certaines, comme vous l’avez remarqué, n’ont pas trouvé leur destinataire. »
Des messages du passé, l’exposition « Derrière les barreaux » de Denis Poughon et Olivier Muhlhoff nous en communique. Cette offre culturelle exhibe une vingtaine de projets artistiques dans la prison, en lien avec les conditions carcérales. La reconstitution de piles de livres, des enregistrements, des murs repeints, des centaines de lettres récupérées,… L’art accompagne le devoir de mémoire autour de la maison d’arrêt.
Pour terminer, Fabien Dugour descend avec nous dans le tunnel sous-terrain. 200 mètres qui relie la maison d’arrêt à la cour d’appel. Un tunnel qui n’est plus emprunté de nos jours. « Aujourd’hui, nous pourrions nous diriger vers la cour d’appel. Sauf qu’à l’arrivée, il faudra les prévenir de déplacer toutes les archives qui bouchent la sortie. »