Derrière la scène, les coulisses. De longs couloirs blancs où chaque salle qui les compose cache un pôle tourné sur les prochains événements. Ces couloirs blancs, la Comédie de Clermont-Ferrand y trouve toute sa créativité. Ce pôle, c’est celui de la communication qui nous ouvre ses portes. Émilie Fernandez, responsable communication à la Comédie, nous partage le studio d’enregistrement au bout du couloir blanc du sous-sol. Micros ouverts, portrait découvert. Que fait Émilie à la Comédie ? Qu’est-ce qui la motive ? Comment travaillent-elles avec les journalistes ? Retrouvez son portrait synthétisé dans cet article, ou branchez-vous pour l’écouter dans son intégralité en podcast.
Émilie, qui es-tu ?
Est-ce que tu peux nous expliquer ce qu’est un responsable de la communication ?
Et plus concrètement, quelles activités t’occupent ?
Et parfois j’ai des journées sur un gros projet unique. Par exemple, la brochure de saison qui est notre catalogue avec toute la programmation. C’est vraiment un travail sur le long terme qui peut m’occuper plusieurs jours.
A la fois, c’est un travail à la fois de bureau et de terrain où je vais exploser mon nombre de pas. Parce que je vais un petit peu courir partout sur place avec les partenaires, avec la presse, avec les artistes ou tout simplement pour aller mettre de l’ordre dans le hall.
Il y a quelques mois, tu étais chargé des relations avec les médias. Là, tu es passé responsable de la communication. Comment s’est passé ce changement pour toi ?
Désormais ma mission évolue. Je suis déjà moins dans l’exécution, mais plus dans la coordination et la vision à terme. Je fais des choix pour la communication de la Comédie. Et je garde encore toutes les relations presse, même s’il n’est plus mentionné dans mon poste.
« Notre rôle est de faire connaître l’activité de la structure aux publics, aux partenaires, aux financiers. »
Comment travailles-tu ?
On va aussi avoir des outils de montage pour nos audios parce qu’on crée beaucoup de ressources auditives. Notamment un format 3 minutes pour préparer au spectacle, qui est le format chouchou de nos publics : Popcorn.
Toutes les petites plateformes qui aident à faire du montage plus rapidement et à animer nos visuels. Et il y en a encore beaucoup…
Parmi les restants, l’IA s’y trouve-t-elle ?
Pour l’instant, on n’a automatisé aucune tâche avec l’IA dans nos pratiques. Tout est intervention humaine. Elle nous sert juste à brainstormer. Si on cherche des titres, si on cherche des formulations impactantes,…
Donc pour nous l’IA, c’est un outil pour aller plus loin dans notre pratique, mais qui ne remplace absolument pas l’humain. Ce qu’on ne fera pas, c’est de la production de petites vidéos faites par l’IA pour les réseaux sociaux. Ce qu’on ne fera pas non plus, c’est la création de visuel. Un outil d’appui, oui. Un outil qui remplace la créativité, non.
Quelle est l’image de la Comédie ?
Elle s’adresse à des publics très divers. Tu as des spectacles qui sont accessibles pour les bébés, d’autres pour la famille, d’autres pour les étudiants ou encore d’autres qui vont être plus pointus pour les passionnés.
Et on souhaite apprendre, à la Comédie, à sortir du jugement « j’aime / j’aime pas ». Ce qui est fatal pour les œuvres. Nos outils sont là pour accompagner, que ce soit les publics passionnés ou les premiers venus, à suspendre le jugement. Juste accueillir l’œuvre, et après venir avec son ressenti et ses références. Et cela passe par la médiation après les spectacles sous forme de brunch ou d’apéro. Les spectateurs et spectatrices vont justement parler de ce qu’ils ont vu, comment ils ont traversé le spectacle. On met tout ça en commun et c’est ultra chouette.
Et au niveau des valeurs ?
Dans notre volonté d’ouverture, nous proposons les Playtime. Quelques week-ends dans l’année, la Comédie ouvre intégralement son théâtre gratuitement. Il y a des spectacles dans plusieurs salles, des visites, des ateliers de création, des rencontres dans le hall. Et il existe même sa version tournée vers les enfants avec Playtime Kids. Moi, j’adore quand il y a des enfants qui entrent dans le théâtre et qui sont déjà habitués. Ils courent vers le coin enfant et savent où il y a le coloriage, où est la barbe à papa. Ils demandent eux-mêmes leur casque avant d’entrer en salle pour réduire le bruit. Et avoir déjà des enfants qui s’approprient ce lieu, c’est hyper cool.
On peut aller partout en fauteuil à la Comédie, on a une boucle magnétique pour les gens qui sont malentendants, on a un amplificateur sonore disponible gratuitement dans le hall pour les enfants. On encourage aussi la mise en place du surtitrage. Plein de petits dispositifs qui cassent tout ce qui pourrait empêcher la venue et qui encouragent de venir. On est complètement accessible.
« On souhaite apprendre, à la Comédie, à sortir du jugement « j’aime / j’aime pas ». »
Est-ce que tu peux nous décrire d’où tu viens ?
A côté, j’ai donné des cours à la fac et j’ai fait pas mal de stages notamment dans un FRAC à Lyon. J’ai aussi cogéré un label de musique sur lequel j’ai participé à son émancipation et à son développement.
Comme vous le voyez, je n’ai pas du tout une formation en communication. Je me suis vraiment formée sur le terrain à partir de mes capacités relationnelles et de recherche.
Journalistes et communicants, quels rapports entretiennent-ils d’après Émilie ?
Est-ce qu’il y a des différences claires entre communicants et journalistes, ou est-ce que c’est un un milieu qui se mélange ?
Moi, mon rôle, il est de créer du lien. Je dois être le facilitateur de notre point de vue. Au contraire, le « mauvais » communicant, lui, est celui qui va trouver les formules pour vendre l’invendable. Le « bon » communicant, c’est celui qui va valoriser, par les bons canaux, en étant honnête.
Aussi, les journalistes constituent un relais de notre information par leur traitement. Mais ils peuvent aussi donner leur avis. Ce n’est pas « je leur donne l’info et il la publie telle qu’elle », même s’il y a des médias qui font ça. Toutefois, je retiens qu’un journaliste traite l’information dans sa plus grande liberté.
Il existe un lieu qui réunit communicants et journalistes, c’est la conférence de presse. Comment en organises-tu une ?
On organise une conférence de presse quand on a une valeur ajoutée à apporter. Ce n’est pas dès qu’on a une info selon moi. Les motifs peuvent être la prise de parole rare de certains intervenants importants du milieu ou un lancement d’un projet impactant. Donc le but de la conférence de presse, c’est vraiment de marquer un projet fort.
Je fais même plus de conférence de presse à chaque lancement de saison. Avant, c’était un automatisme. Je suis sortie de ça parce qu’on a tellement maintenant de canaux de divulgation pour sortir la programmation, que le format de la conférence de presse n’est pas chaque année le format le plus pertinent pour les journalistes. Là où ça peut être intéressent d’en organiser une, c’est si ton intervenant doit faire un bon nombre de rendez-vous presse. Organiser une conférence de presse peut être salvateur pour lui.
« On organise une conférence de presse quand on a une valeur ajoutée à apporter. »
Est-ce qu’il existe des manières de moderniser cette conférence de presse ?
On apporte aussi du contenu audiovisuel. On a par exemple toute la saison en vidéo. C’est une vidéo où Céline, la directrice de la Comédie, présente tous les spectacles de la saison en vidéo sous-titré et en audio. Les journalistes, qui ne peuvent pas assister aux soirées de lancement de saison où on présente tous les spectacles, ont là l’intégralité de la programmation annuelle. Même si ça remplace plus des supports du type communiqué de presse et dossier de presse.
D’ailleurs comment se compose un bon communiqué ?
Ensuite on va écrire un texte pour donner plus de substances et l’accompagner d’une image. À partir du communiqué de presse, le journaliste doit avoir assez de ressources pour relayer correctement l’information. C’est-à-dire que s’il veut la relayer directement, il faut que le communique ait un aspect fini, qu’il soit impeccable.
Il peut avoir des communiqués de presse juste pour ré-annoncer les dates de spectacles, ceux qui annoncent un nouveau projet énorme, ceux de crise,… Et la destination compte : il ne va pas être le même s’il est destiné à la presse ou au grand public.
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