Les faits divers et la photo ont un seul point commun : Adrien Fillon. Adrien est pris par sa passion pour la photographie et par sa couverture des affaires de justice pour La Montagne. Le (photo)journaliste s’est libéré entre un procès au tribunal correctionnel et son article à rédiger pour le quotidien. L’occasion de savoir comment jongle-t-il entre ces deux activités ? C’est à apprendre dans cet article ou en podcast ci-joint.
Tous ces éléments conduisent à obtenir après une espèce de « vérité ». C’est pour cela qu’il est important de rendre tangibles et visibles ces informations afin que le public en prenne connaissance.
Après, il y a un journaliste qui est dédié au tribunal. Lundi, mercredi et jeudi, il assiste aux audiences du tribunal correctionnel. Et un autre journaliste se consacre aux comparutions immédiates, lundi, mercredi et vendredi. Ces comparutions concernent les personnes jugées après leur garde à vue.
« Nous devons faire le tri sur les affaires. »
Là typiquement, je sors d’une semaine de tribunal correctionnel. Et la routine tourne entre procès et rédaction. On ne sort pas souvent, on ne fait pas de reportage, on ne part pas tellement sur le terrain. Ce schéma est inhérent aux faits divers.
Après, la hiérarchie de l’information fait que, à cause d’un manque de place, nous devons faire le tri sur les affaires. C’est ainsi que nous allons privilégier des affaires « plus graves » à d’autres, celles d’une importance plus capitale.
Les coulisses du fait divers
Prenons un exemple, un accident de voitures au boulevard Clémentel. Les pompiers vont nous appeler pour nous mettre au courant de cette actualité. Après notre mission est de recouper les informations avec les services de police. Cette étape nous conduit à connaître plus en détails ce qui s’est passé. Puis on finit avec le parquet qui nous confirme ou non s’il ouvre une enquête.
Donc une fois que nous avons recoupé toutes nos infos, bien sourcées, c’est à ce moment que nous pouvons écrire et ensuite publier le papier.
Toutefois, il y a à boire et à manger. Il existe des informations qui ne sont pas d’une grande envergure, mais nous devons quand même bien les vérifier. Et à nous de trancher pour décider si on écrit un papier dessus, ou pas.
« Cette réalité a complètement bouleversé ma perception. »
A la rédaction, nous avons une charte d’éthique dédiée aux faits divers. Et dans cette charte, des règles sont stipulées. Par exemple, sur la divulgation de l’identité de l’individu condamné. Il faut que les gens sachent que l’identité d’un condamné devant le tribunal judiciaire est publié dans son intégralité à partir d’un an de prison ferme avec mandat de dépôt.
Après, au fil du temps, j’ai appris. Et à partir des connaissances acquises sur les procédures, j’essaie maintenant de bien expliquer ce fonctionnement dans mes papiers. Je les séquence de manière à ce que les gens comprennent qui parle et à quel moment. Donc je tente d’être le plus pédagogue possible, sans non plus noyer le lecteur sur le fonctionnement complexe d’un tribunal.
Mais maintenant que je les couvre, que je suis vraiment dedans, je découvre cet envers du décor. On baigne dans un monde pas joyeux, où la moindre affaire entraîne des conséquences néfastes. Et cette réalité a complètement bouleversé ma perception. Quand tu traites régulièrement d’actualités noires, forcément cela se ressent sur le moral. Et c’est à force de voir passer toutes ces nombreuses affaires sombres, qu’on arrive peu à peu à s’en détacher.
Le journalisme en un seul cliché
Donc comment profiter de ses deux passions ? En les mélangeant ! J’ai débuté par de la photo d’actu, de la photo de presse. Je sortais dehors photographier les manifestations, les meetings politiques. Toute cette activité je la réalisais à côté de ma licence, allant jusqu’à sécher quelques cours… Mais cela ne m’a pas empêché d’obtenir mon diplôme !
« Une photo réussie se dessine comme une belle photo, qui donne l’information nécessaire. »
Concernant le procédé, on bosse solo. On décide de quel événement on couvre, sans prévenir personne. Puis ce sont aux médias de se servir ou pas dans la liste. Après, il arrive que les médias nous commandent une photo spécifique pour couvrir un sujet dans le coin. Ils nous appellent, passent leur commande puis nous payent directement.
Et en plus de son apport informatif, la photo doit être esthétique, agréable à voir. Donc une photo réussie se dessine comme une belle photo, qui donne l’information nécessaire.
Embarquons en conférence de presse !
A titre personnel, j’ai fait un court passage à Issoire. Là évidemment, les gens nous reconnaissent et viennent nous parler dans la rue. Et c’est pour cette raison précise que je travaille pour La Montagne et non à Paris sur des sujets nationaux. Cette proximité est propre aux médias locaux. On peut réaliser les sujets qu’on aime, les gens sont abordables et on commence à connaître pas mal de monde sur le territoire.
« Un communiqué peut être diapré de petits éléments pertinents qui nous sont totalement inconnus. »
Après, La Montagne reçoit beaucoup d’invitations, donc faut faire le tri en fonction de ce qui est pertinent d’aller couvrir. Typiquement la réflexion d’un rond-point, est-ce que ça vaut vraiment le coup d’y aller pour un rond-point ? A moins qu’il ait une histoire de dingue ce rond-point, il ne relève pas d’un grand fait d’actualité…
Mais je pense que le principal critère, c’est le sujet de la conférence de presse. Nous en avons peu aux faits divers, mais récemment une s’est tenue pour présenter la nouvelle préfète du Puy-de-Dôme. Et mon collègue s’y est rendu. Cette conférence de presse actait un changement institutionnel, il était donc important d’y assister.
Et à la fin, le parquet a fait un communiqué de presse pour expliquer qu’il a été mis en examen et placé en détention provisoire. Et dans ce communiqué, le parquet a précisé que le sabre avait été retrouvé taché de sang. Un détail que je n’avais pas. Donc un communiqué peut être diapré de petits éléments pertinents qui nous sont totalement inconnus. Ce qui nous conduit, ainsi, à les injecter dans le papier et par conséquent à rendre notre article plus complet.
Le Top 10 du jeu Good News / Fake News
| Hadrien Barrau | 7/7 |
| Nicolas Cheviron | 7/7 |
| Géraldine Houot | 6/7 |
| Marc Chaumeix | 5/7 |
| Daniel Desthomas | 5/7 |
| Damien Caillard | 5/7 |
| Émilie Fernandez | 5/7 |
| Frédéric Torrent | 4/7 |
| Marie-Luce Bozom | 3/7 |
| Lila Boulandet | 3/7 |
| Adrien Fillon | ??? |