Quand on rentre dans l’agence Qui Plus Est, il n’existe aucune chance de se tromper. Un univers pareil, il n’en existe pas deux. L’identité visuelle de cette agence de communication clermontoise se porte, en particulier, sur des compositions graphiques affichées au mur. Des quartiers de Clermont-Ferrand, des symboles d’événements régionaux comme le festival Coutellia,… Mais encore, les portraits de ceux qui composent l’agence. Soit un homme, soit une femme, accompagné(e) de cercles bleus ainsi que des touches de jaune et de rouge. Nous nous arrêtons sur celui de Marc Chaumeix, le dirigeant de l’agence. Bras en l’air, sourire éclatant, regard vif. Un mélange d’enthousiasme et de dynamisme en une feuille A4. Une telle posture énergétique nous intrigue. Qui est Marc Chaumeix ? Les réponses de manière complète en podcast sous ce lien, ou à travers cet article ci-dessous.

Marc, est-ce que tu peux nous expliquer en une ou deux phrases ton métier ?
Notre métier, c’est d’être entrepreneur en attractivité. Nous, on a une agence de communication depuis 1997. On est né d’un métier passionnant qui s’appelle les relations presse. Et on en a fait la pierre angulaire de notre agence et de notre vie professionnelle au quotidien.
Donc concrètement au quotidien, que fais-tu ?
Concrètement au quotidien, on travaille autour de huit métiers de la communication qui sont là pour développer l’attractivité de nos clients, des événements et des savoir-faire de tous ceux qu’on accompagne. Ces pôles comprennent les stratégies de communication, les relations presse, un studio graphique, un studio web, un pôle réseaux sociaux, photographe, vidéo et création de contenu.

Mon rôle, je dirais que c’est faire en sorte que chaque client, que chaque sujet qui nous est confié, on puisse l’accompagner du mieux possible de manière très spécifique et personnalisée. Pour chaque client, il existe une stratégie et des ambitions. Nous combinons ces points, et cela donne une trajectoire que nous guidons.

Tu nous racontes que l’agence Qui Plus Est est née en 1997. Est-ce que tu peux nous narrer un peu son histoire ?
Alors son histoire, elle est simple. Véronique Tixier en 1997 sort de l’école des attachés de presse. Elle remarque que ce métier, il n’existe pas sur Clermont-Ferrand. Ville d’où elle est originaire. Elle se dit qu’il y a peut-être une opportunité de créer une agence ici.

Deux ans plus tard, moi je la rejoins au sein de cette nouvelle agence, Qui Plus Est. Même si au départ, je souhaitais devenir journaliste sportif, j’avais envie de découvrir ce métier passionnant de l’information. C’était une trajectoire intéressante, et je me fixais quelques mois ou quelques années pour découvrir ce métier. Mais je n’imaginais pas forcément, 27 ans plus tard, être toujours à l’agence.

 

« J’ai travaillé avec la tapisserie d’Aubusson pour la Coupe du Monde 98 en France. »

 

Aujourd’hui, comment se porte Qui Plus Est ?
Alors la boîte, aujourd’hui, c’est une équipe d’une trentaine de collaborateurs. La pierre angulaire de la démarche reste l’information, j’y tiens vraiment beaucoup.

Tout en conservant ce but, on intervient dans différents domaines d’activité, que ça soit l’agriculture, l’élevage, l’agroalimentaire à hauteur de 40 % de l’activité. On fait dans l’événementiel, environ 20 %. Et après dans le secteur culturel, économique et touristique, quasiment 10 % chacun. Donc on est vraiment des généralistes, et c’est souhaité.

Peut-être que l’une de nos particularités, c’est qu’on est très intéressé par ce qu’il se passe autour de nous. Voilà, moi je suis originaire du fin-fond de la Creuse. Et depuis le début, le choix s’est porté d’essayer de montrer, de souligner et de valoriser les richesses de ces territoires. Cela, on en fait notre quotidien.

En amont, tu nous confiais que tu voulais devenir journaliste sportif. Raconte-nous un peu ton passé avant 1997 et ton arrivée à Qui Plus Est.
Je suis originaire de Mérinchal en Creuse. Mon père est maçon tailleur de pierre, mon grand-père était marchand de bois, ma grand-mère élevait des vaches. Donc, si tu veux, je baigne depuis le début dans ce qui fait nos territoires.

Quand je suis devenu étudiant, j’ai fait mes études à Aubusson. Après, je suis parti à Montluçon faire un DUT de commerce. Ce DUT ne m’a pas déplu, c’était assez intéressant, mais j’ai voulu rapidement m’orienter autour de la communication, du journalisme. Et il se trouve qu’à ce moment-là, j’ai travaillé avec la tapisserie d’Aubusson pour la Coupe du Monde 98 en France.

D’ailleurs, confie-nous tout sur ces tapisseries d’Aubusson. En 2026, cette technique ne fait plus trop partie du bagage du communicant.
Il faut savoir que j’ai grandi à côté d’Aubusson. Chaque jour, je passais devant la tapisserie. Et puis un jour, pour mon DUT de commerce, il a fallu réfléchir à un produit qui se vend à l’international. « Et pourquoi pas Aubusson ? » ai-je demandé.

A partir de là, j’ai découvert un monde passionnant. Le monde des savoir-faire, de la passion, de l’humanité. Ces tapisseries d’Aubusson constituaient un projet concret de création de tapisserie pour le Stade de France, lors de la Coupe du Monde 1998. Là, j’ai découvert le champ un peu plus global de la communication. Et je me suis dit : « c’est peut-être intéressant ».

À peu près tous les médias avaient parlé de ce projet de tapisserie autour de la Coupe du Monde. C’était plutôt sympa, mais je trouvais que les articles manquaient de fond. Donc je me suis beaucoup interrogé : « qu’est-ce que j’ai loupé ? » Et effectivement, je n’avais probablement pas suffisamment travaillé le fond, l’information. C’est pour cette raison que j’ai voulu découvrir ce secteur d’activité des relations avec la presse.

Qui Plus Est, une large panoplie d’outils au service de l’échange

Pour revenir à Qui Plus Est, quand les clients arrivent dans l’agence, est-ce qu’ils ont une idée assez précise de ce qu’ils veulent ? Ou, au contraire, faut-il pas mal les guider ?
Alors on a tous les types. Avec les clients, on va échanger, on prend beaucoup de notes. On essaie de comprendre. Effectivement, la première réponse, c’est l’écoute. On part de cet exercice de compréhension, qu’on va compléter avec des recherches annexes. Et là, on tente d’imaginer, un mot que j’aime bien, une trajectoire. Donc pour revenir aux différents types de clients, il y en a qui ont déjà leur trajectoire toute faite et d’autres avec lesquels nous travaillons ensemble pour l’affiner.

Comme je l’ai dit tout à l’heure, on travaille avec la chambre d’agriculture, le sommet de l’élevage ou encore la filière fromagère. Tout ce volet là qu’on peut qualifier d’agro-alimentaire, ce très gros marqueur pour notre territoire. C’est extrêmement intéressant et important pour nous.

Cela passe par quels moyens ? Site internet, réseaux sociaux ?
Oui entre autres. Faut savoir où on va, à partir d’une stratégie et d’une identité visuelle. Pour « porter cette identité », on a derrière nos supports.

Dans cette liste, nous avons les réseaux sociaux qui viennent faire vivre au quotidien. On a les relations presses, qui permettent d’être au côté des grands temps forts. Le site web, qui est le « carrefour » de l’information. La vidéo, un format développé qui vient en appui ou non des réseaux sociaux. Donc oui, finalement, les outils viennent composer les actions qu’on va mettre en œuvre, dans l’objectif que la stratégie fonctionne.

Est-ce que l’IA a une empreinte sur ce travail ? Est-ce qu’elle a pu te remplacer sur certaines tâches que tu faisais avant ? 
Je dirais surtout que c’est un outil supplémentaire et complémentaire. Un outil qu’il faut savoir apprivoiser. Tu peux l’utiliser de plein de manières. Je pense notamment quand on fait des recherches. Le web t’ouvrait déjà pleins de portes, aujourd’hui l’IA permet d’accéder à des données de manière plus importante.

En terme d’identité visuelle, il permet de composer ce qu’on appelle des moodboards, c’est-à-dire des planches tendances. Il ouvre énormément la focale.

Donc en soit, on l’utilise en recherche, mais on ne l’utilise pas forcément en remplacement. L’IA n’apporte justement pas la plus-value chez nous. L’info, il faut la travailler, l’écrire de manière personnelle et créative. Toutefois, l’IA permet de parfaire, de mieux connaître, de benchmarker [évaluer l’entreprise en rapport avec la concurrence] quasiment à l’international. C’est super intéressant.

 

« Quand des gens vont en Tanzanie ou en Islande, nous, on a envoyé une équipe qui est partie 5 jours en Creuse réaliser un magnifique reportage. »

 

Et toi quand tu remarques des créations graphiques ou des vidéos faites par l’IA, quelles réactions cela te procurent ?
Alors je m’interroge toujours sur la fameuse trajectoire. Quelle est la stratégie ? Quelle est la trajectoire ? Moi je n’ai pas de souci si l’IA apporte des éléments pour pouvoir construire. Je le répète : tout dépend de la trajectoire. L’Intelligence Artificielle devient de plus en plus perfectible et fait partie de notre secteur d’activité.

Cependant, ça ne m’intéresse pas que l’IA considère toute la stratégie et les outils. Est-ce que on se lève le matin et l’IA fait tout ? Moi, ça ne m’intéresse pas. Ce qui m’intéresse, c’est la rencontre, la compréhension, pouvoir arriver sur un territoire. Ce qui me plaît, c’est dire, échanger, pouvoir comprendre ce qui va et ce qui ne va pas. L’IA donne des infos, mais ces liens humains sont difficilement remplaçables. Tu sais ? Le pouvoir le plus intéressant reste le pouvoir humain.

Et de manière numérique utilises-tu d’autres outils ?
Ah oui, là par contre oui. On utilise des logiciels quelque soit le secteur d’activité. Chaque pôle a ses logiciels adéquats. On a tous les accès possibles, tels que la suite Adobe avec toutes les possibilités qui sont offertes. On a aussi nos propres canaux de communication interne, pour nous-mêmes à l’agence.

On m’avait enseigné, dès le départ, que le matériel ne doit pas être un point bloquant. Par conséquent, c’est vrai qu’on essaie, sur ces aspects-là, de faire très attention à disposer du matériel qui va bien. Le serveur qui permet à nous, une trentaine de collaborateurs, de travailler est checké en permanence. Donc oui, le matériel est extrêmement important, mais j’insiste : un matériel au service de notre travail.

Tu évoques, à de multiples reprises dans cet entretien, cet amour du Massif Central. L’agence Qui Plus Est a sorti, il y a quelques années, un mook de 300 pages appelé « Patelin, l’incroyable terroir ». Raconte-nous ce mook. Son univers très coloré qui porte sur les acteurs locaux et les événement de notre région.
Je viens d’un patelin, et je considère que notre territoire dispose d’une richesse colossale. Je dirais même que c’est unique de disposer d’autant de richesses. Pour tout te partager, cela démarre lorsque l’agence a eu 25 ans. Avec le directeur artistique de l’agence Nicolas Dumont et le photographe Ludovic Combe, avec lequel on collabore depuis plus plus de 20 ans, on s’était dit qu’on aimerait raconter les richesses de notre territoire d’une autre manière.

Nous sommes partie à la rencontre de ce territoire. Par binômes, trinômes, par « teams » de création. On a raconté les fromages, la fourme d’Ambert, le salers. Quand des gens vont en Tanzanie ou en Islande, nous, on a envoyé une équipe qui est partie 5 jours en Creuse réaliser un magnifique reportage.

Ainsi, on a imaginé cet ouvrage print. Une composition de manière créative qui croit beaucoup en l’avenir. Toujours avec un regard optimiste. On a voulu transmettre un message : notre territoire, on en a encore rien vu. C’est ce qu’on a voulu faire avec Patelin.

Relations entre journalistes et communicants… Communicants ?

Est-ce que tu peux nous citer un grand point de convergence entre journalistes et communicants ?
Le grand point de convergence que nous partageons, c’est l’information. L’information, elle est détentrice de tout. Elle dit tout. En tout cas, ma vision des communicants, un mot que je n’aime d’ailleurs pas bien, on va dire ceux qui évoluent dans ce secteur, est de pouvoir diffuser de l’info.

Simplement, il faut la paramétrer. Une info, elle a une portée et on ne peut pas tout attendre d’une info sans la traiter. Donc là, pour moi, l’info est le grand point de convergence.

Existe-t-il d’autres points de convergence ? Et au contraire, des points de divergence ?
On partage aussi, avec les médias, la liberté que nous donnent ceux qui nous confient leur mission. Et l’autre chose qui me plaît, ce sont les notions de respect. Quand j’échange avec les gens, je sens du respect.

Puis dans les métiers de la presse, j’ai vu beaucoup de gens passionnés. Moi, je suis littéralement conquis par l’écriture. Je suis entouré de quelques livres. C’est un plaisir immense, tous les jours, de collaborer avec des médias parce que l’écrit demande réflexion. Et la réflexion, c’est le pouvoir humain. Ainsi, cette chance de se connecter, c’est ce qu’il y a de plus beau.

Après, il existe des points de divergence qui pourrait peut-être y avoir. Par exemple, nous, on aimerait que les retombés soient plus importants pour nos clients. Mais, je vois quand même plus de points de convergence que de divergence.

Pour rebondir sur la sémantique, tu nous as confié que tu n’aimes pas le mot de « communicant ». Pour quelles raisons ?

Je trouve que ce sont des métiers avec un engagement personnel colossal. Et le mot « communicant » dépersonnalise. Un exemple simple, quand on dit attaché de presse. Attaché de presse ? Moi, j’ai toujours dit « détaché de près ». C’est-à-dire que je suis très près de mes clients et de leurs sujets.

Nous pouvons nous interroger sur la sémantique, le sens des mots. Au quotidien à l’agence, ce ne sont pas des fonctions. C’est Gilles, c’est Pierre-To, c’est Anne Cécile,… Mais le mot communicant, je le délaisse. Il n’est pas le qualificatif qui nous caractérise.

Peux-tu nous informer sur comment on organise une conférence de presse ? 
Là encore, on prépare l’info. C’est le nerf dans tout ce que je dis. Donc premièrement, on va préparer quelle information on veut diffuser. Puis comment on veut l’apporter. Et sur une conférence de presse, on va faire en sorte que cette information soit plutôt transportée par des personnes. D’une à trois personnes qui vont avoir des propos complémentaires sur ce temps d’actualité qui est important.

Après, on va inviter les journalistes. Et il faut un peu de temps. Tu n’organises pas tout ça pour la semaine prochaine. La meilleure façon est d’anticiper, préparer et structurer cette conférence de presse. La rigueur est la clé de voûte.

Prenons, d’ailleurs, pour Coutellia, festival international du couteau d’art. La conférence de presse qu’on prépare pour eux arrive au mois de mai. On est déjà en train de programmer cette conférence. Oui, nous n’allons pas nous lever le 15 mai. Donc nous commençons, dès aujourd’hui, à regarder quand et où elle va pouvoir se faire.

Sur la forme, comment faire pour attirer l’œil du journaliste ? Existe-t-il des procédés rhétoriques, des pratiques relationnelles ou des choix graphiques que tu privilégies ?
Pour prendre connaissance des secrets de Marc sur ses moyens pour capter l’attention, une seule possibilité : écouter le podcast, lien juste en dessous. Vous pourrez profiter aussi de détails complémentaires croustillants sur son portrait, le Oui / Non et enfin le jeu Good News / Fake News.

Classement du jeu Good News / Fake News

Émilie Fernandez 5/7
Damien Caillard 5/7
Daniel Desthomas 5/7
Frédéric Torrent 4/7
Lila Boulandet 3/7
Marc Chaumeix ???