L’Intelligence Artificielle (IA) arrive dans le secteur du tourisme. Et ce secteur compte bien user des avantages de la technologie. Que ce soit pour les consommateurs ou pour les professionnels, les avancées dans l’optimisation du temps sont majeures. Pour enfin analyser ces enjeux, portons l’oreille sur la conférence tenue par Jean-Jérôme Danton, fondateur de KiXiT AI, dans le cadre du lancement de saison de Terra Volcana.

Après la visite, l’office de tourisme Terra Volcana nous incite à prendre place dans les sièges du cinéma le Rio, à Riom. Quelle visite ? Si vous vous interrogez dessus, vous n’avez pas lu les dessous de l’incursion dans l’ancienne maison d’arrêt de Riom. Mettez-vous à jour ici !

Nous reprenons, toujours assis dans notre fauteuil en mousse face au grand écran cinéma. Attentifs, non pas au dernier blockbuster, mais aux différentes conférences organisées par Terra Volcana pour son lancement de saison touristique.

Une matinée sous le signe des discours

Après les prises de parole des présidents de collectivités et d’acteurs du tourisme local, il était temps d’évoquer l’éléphant dans la pièce de cinéma : l’IA. Faut-il réinventer sa pratique habituelle face à l’entrée d’une technologie subversive ? Finalement, ce changement a déjà commencé.

C’est ce que nous explique Jean-Jérôme Danton, enseignant-chercheur et fondateur de KiXiT Consulting et de KiXiT AI. Les pratiques ont déjà évolué, que ce soit côté consommateur ou côté acteur du tourisme.

Jean-Jérôme Danton
Jean-Jérôme Danton

Alors que certaines études estiment que la planification d’un voyage sans IA prend plusieurs dizaines d’heures, l’utilisation de l’assistant numérique change la donne. Elle baisse massivement le temps consacré à confronter les différents offres. D’après une étude d’OpinionWay en 2025, près de 3/4 des sondés constatent un gain de temps sur leurs recherches grâce à l’aide de l’IA.

L’Intelligence Artificielle se dessine comme la fin des dizaines et des dizaines de pages à consulter pour trouver sa destination touristique et réaliser son programme. Elle évite la multiplication des démarches grâce à un service qui propose de se rendre directement sur un site internet conseillé, voire même de payer instantanément (fonctionnalité disponible qu’aux États-Unis pour l’instant).
Mais comment bien utiliser l’IA ? « Demandez-lui de vous poser des questions, nous conseille Jean-Jérôme. C’est une bonne méthode pour trouver la destination qui nous correspond. » L’Intelligence Artificielle se dessine comme un modèle conçu pour guider le touriste vers tel lieu et telle activité.

L’IA, une fiabilité en question

L’IA n’est pas une ressource objective, elle est bien influencée. Orientée par les algorithmes qui favorisent les contenus populaires et recommandent des choix en fonction de vos préférences déduites. Rony Germon identifie, dans son article « Tourisme et intelligence artificielle : voyage au bout de l’algorithme », le filtrage par contenu et celui collaboratif qui nous enferment dans des cases. Une autre preuve ? L’IA générative ChatGPT instaure désormais les publicités sur son site. Nous pouvons reconsidérer notre confiance aveugle envers une source pas si neutre, ni objective, qu’espéré.
Et ce système alternatif, loin d’être irréprochable donc, n’élimine pas encore la concurrence des autres méthodes de sélection pour une destination touristique. Celle qui s’avère la plus tenace porte le nom de la fidélité. Vous êtes déjà sûrement retournés dans un lieu de vacances côtoyé les années auparavant. Cette décision prend moins la tête, facilite l’organisation et évite les mauvaises surprises. Cette fidélité par simplicité tend la compétitivité à toute épreuve de l’IA et de ses nouvelles propositions.

Composer avec l’IA pour se faire connaître

Maintenant, comment les acteurs du tourisme peuvent optimiser leur utilisation de l’IA ? Jouer sur son propre terrain et, ainsi, profiter des biais de ses algorithmes, est une option à privilégier. « L’IA devient un intermédiaire crédible qui rend visible ou non un site, nous partage Jean-Jérôme. Relayez les commentaires de vos clients, soyez présents sur les réseaux sociaux et actifs sur votre site internet, ce sont des clés d’accès pour un meilleur référencement. »

Toutefois, si le consommateur peut gagner du temps grâce à l’IA, la charge de certaines tâches peuvent totalement se déléguer pour les acteurs du tourisme. L’IA peut devenir l’exécutant de la communication en ligne de l’organisation. Dans ce sens, l’humain passe du patricien à l’ingénieur. Il partage à son outil génératif les valeurs du secteur, les émotions à transmettre et les images à intégrer. Et grâce à la progression récente de ses réalisations visuelles, l’IA va proposer des publications finales en accord avec les demandes humaines préalables. Conséquence : une division des tâches en harmonie entre le cerveau de l’individu pour les idées et les messages à propager, et la « main » de l’IA pour la composition graphique. Un partage non sans répercussion sur l’emploi des « mains » humaines.

Remettre au centre le contact humain

Le gain de temps s’obtient aussi quand l’IA prend en charge les missions administratives fastidieuses des acteurs du tourisme. Elle soulage bien les obligations procédurales de chacun et libère du temps. Ce temps gagné permet de s’occuper plus des touristes, de favoriser le contact humain. Accueillir, créer du lien, conseiller localement. Des aptitudes que l’IA ne développe pas, pour l’instant.

L’individu peut ainsi se consacrer à la dévotion de sa profession, ce qui le rend heureux. C’est dans cette direction que Jean-Jérôme conclut : « L’Intelligence Artificielle constitue une rupture technologique et sociétale. Si elle n’est pas subie, elle replace l’humain dans son champ de compétence. »