Nous retrouvons Géraldine Houot pour ce nouveau portrait. Géraldine travaille pour Le Monde en tant que correspondante locale. Mais elle s’attarde surtout sur son rôle de pigiste pour la Maison Écologique et l’Observatoire des énergies renouvelables. C’est bon à savoir, elle a également été présidente du Club de la Presse Auvergne de 2019 à 2023. Apprenons-en plus sur Géraldine à travers cet article ou en podcast, via ce lien.
Tu peux compter des pigistes qui travaillent dans des domaines très différents pour beaucoup de journaux. Et il existe certains pigistes qui, eux, travaillent seulement pour une ou deux rédactions. Ça dépend beaucoup d’eux, c’est assez variable. Mais sinon, globalement, c’est le même rôle que celui du journaliste.
Par ailleurs, je travaille aussi pour la Maison Écologique depuis très longtemps aussi. Donc là, c’est un magazine qu’on peut trouver en kiosque. Et il touche les gens qui construisent leur maison, qui la rénovent ou qui simplement veulent avoir des conseils pour trouver de bons artisans.
Comme tu peux le noter, je traite de choses variées. Ainsi, j’adopte des écritures très différentes, des angles très différents et des longueurs très différentes. Et moi, c’est ça qui me plaît.
En soit, tout ce qui touche à l’impact sur la filière. On montre aux collectivités comment mettre en œuvre la transition énergétique et comprendre ses contraintes.
« Toujours voir ce qui se passe pour pouvoir leur faire des propositions. »
Et mon travail pour Le Monde, ça n’a rien à voir avec celui produit pour l’Observatoire des énergies renouvelables. Mon champ de compétences prend la forme du territoire. Donc je suis censé, normalement, pouvoir traiter tous les sujets dans le Puy-de-Dôme, dans le Cantal et la Haute Loire.
Je pourrais aussi faire l’environnement, il est vrai. Toutefois, pour le moment, je n’en parle pas trop encore. Ce qui me permet de changer de sujet. De varier.
Attention, pour Le Monde, il faut que je cherche de mon côté des sujets. Après je leur propose. Et il me réponde favorablement si le média est intéressé. Alors, parfois, ça arrive que Le Monde me commande des articles. Mais c’est quand même beaucoup plus dans ce sens là. Ainsi, je dois surveiller mes départements, mon territoire. Toujours voir ce qui se passe pour pouvoir leur faire des propositions.
Retour vers le passé
La Croix, c’était vraiment génial les premières années. J’ai travaillé pour un super journal et un super magazine, qui paraît le week-end. Mais les difficultés économiques ont beaucoup pesé. C’est devenu très compliqué avec les correspondants. Et ça se passait très mal aussi au sein de la rédaction en raison d’un effectif réduit qui nous mettait sous pression. Du coup, il y avait vraiment une mauvaise ambiance. Ainsi, Le Monde est arrivé à point. C’était l’occasion de partir.
Mais bon, peut-être qu’au bout d’un moment, j’en avais un peu marre aussi. Le Monde adopte beaucoup moins cet angle là. C’est plus « neutre ». Moins ce côté vraiment humaniste.
« A la base, je pensais partir au bout de 3 mois… »
Après, j’ai créé une association avec des gens que j’avais rencontrés dans mon master recherche. Et cette association fut fondée pour faire des enquêtes sur des régions du monde qui avaient mis en œuvre le développement durable. A l’époque, le développement durable était une notion totalement nouvelle.
Donc ce fut l’occasion de voir concrètement ce que ça voulait dire, comment ça pouvait prendre forme et les écueils aussi. Et pour répondre à cet objectif, on a fait des reportages par exemple en Amazonie au Brésil. C’était super… Sauf que ce n’était pas très rémunérateur, voire pas du tout puisqu’on travaillait tous à côté.
Et j’ai su que La Croix cherchait quelqu’un à Clermont-Ferrand. Alors je n’étais jamais venue à Clermont auparavant, et je n’avais jamais lu La Croix. Mais je me suis dit : c’est l’occasion. A la base, je pensais partir au bout de 3 mois… Puis en fait, je suis toujours là.
Il fallait vraiment faire quelque chose. Et Nicolas avait aussi cette même intention. Donc nous avons proposé, au média en ligne Les Jours, une enquête bien développée. C’était la première fois que je travaillais à deux, et c’était vraiment super.
Les communicants, entre éléments essentiels et obstacles
Souvent les entreprises possèdent un service de communication ou un service de presse. Et c’est cet organe qui nous met en relation avec les bonnes personnes. Cette disposition est très utile parce que les services de communication ont une expertise pour répondre à nos questions et bien nous aiguiller.
Puis, un jour, quand je me charge d’une enquête à faire, je n’ai plus qu’à rechercher là-dedans. Je tape des mots clés dans ma boîte mail et elle me retrouve ce qui m’intéresse. Je récupère comme ceci les informations transmises par les communicants. Et je m’appuie sur ces communiqués de presse pour faire des articles ou pour récupérer le nom des acteurs et leurs coordonnées.
De plus, ça me sert aussi beaucoup pour régler un problème quand on est journaliste spécialisé. Nous détenons un réseau solide sur notre champ de spécialisation. Et, du coup, on a tendance à aller vers la facilité et à ne s’appuyer qu’exclusivement sur ce réseau-ci. Ces communiqués permettent donc de bien diversifier nos contacts.
« Je trouve que ce fonctionnement de la conférence de presse est très bien. »
Par exemple, je me suis rendue au lancement de campagne de la Fédération socialiste. Elle avait organisé une soirée où elle présentait tous leurs candidats du Puy-de-Dôme. Je pensais, à l’occasion, trouver des villes avec des candidats sympas, qui changeaient. Et banco, j’y ai trouvé un sujet intéressant. Une candidate au Cendre, très jeune avec 25 ans. C’est drôle car quand elle est née, le maire actuel était déjà en place. Elle a donc toujours connu ce maire. Elle fait même partie de la dernière équipe municipale de la ville. Et aujourd’hui, elle s’oppose face à ce maire.
Par conséquent, les conférences de presse constituent de bonnes initiatives. Elles contribuent à réunir plusieurs acteurs à un même endroit. On peut leur poser nos questions et prendre leurs contacts. Je trouve que ce fonctionnement est très bien.
Classement du jeu Good News / Fake News
| Émilie Fernandez | 5/7 |
| Damien Caillard | 5/7 |
| Daniel Desthomas | 5/7 |
| Marc Chaumeix | 5/7 |
| Frédéric Torrent | 4/7 |
| Lila Boulandet | 3/7 |
| Géraldine Houot | ??? |