Président du Club de la Presse de 1994 à 1997, Daniel Desthomas connaît bien notre association. Mais connaissons-nous bien Daniel ? Journaliste durant de longues années à La Montagne, Daniel nous transmet dans son portrait de nombreuses anecdotes pas piquées des hannetons. Pour profiter de cette expérience haute en couleur, deux seuls moyens complémentaires : en podcast sous ce lien et en article avec ce qui vient.
Donc quand je suis rentré à La Montagne, ils m’ont pris à l’essai pendant 3 mois. Au bout de ces 3 mois, soit tu intégrais La Montagne, soit bien il ne te prenait pas. Tout dépendait de ce que tu avais produit pendant cette période. J’étais satisfait de ce que j’avais fait. Et ils m’ont embauché, par la suite, en contrat indéterminé. C’était la belle époque.
« Ce travail de trier, sélectionner et mettre en forme l’information, c’était le mien. »
En effet, on modifiait des fois leurs titres, les tournures de phrase. On mettait l’édition en forme. Ces petits correspondants n’étaient d’ailleurs pas payés par La Montagne, mais en échange de leur papier, on leur envoyait gratuitement le journal.
« J’ai reçu beaucoup de courriers. Aussi bien pour me critiquer, que pour me dire bravo. »
Dans ces informations politiques, il y avait une page « France », une « étranger » et une « faits divers ». Moi je m’occupais de la page France. Une page complète où je pouvais faire rentrer 7 à 10 informations.
Donc l’essentiel du boulot concernait la forme. On dessinait notre page et on reprenait les papiers de l’AFP. Nous, on faisait les titres, les chapeaux pour donner l’essentiel de l’info dans ces parties. Ce travail de trier, sélectionner et mettre en forme l’information, c’était le mien et ça l’est encore aujourd’hui pour les journalistes.
Les « On en parle » traitait d’un fait d’actualité. Cela pouvait être sur l’étranger, comme la guerre au Kosovo par exemple. Ce sujet, je le choisissais librement au début de l’après-midi, à partir des dépêches reçues.
Je n’ai jamais subi de censure, hormis sur un sujet des « On en parle ». Comme à chaque fois, je déclare le thème à mon rédacteur. Et ce jour-là, j’avais choisi de parler de la scientologie. Et mon rédacteur a refusé. On avait déjà eu un procès avec les scientologues et ils en font systématiquement quand on les attaque. « D’accord, j’en choisi un autre », ai-je répondu.
Voilà, les 7 dernières années, j’ai écrit des « On en parle ». Et j’ai reçu beaucoup de courriers. Aussi bien pour me critiquer, que pour me dire bravo. C’était assez agréable comme ça.
Daniel et ses relations
C’est comme ça, d’ailleurs, que j’ai rencontré Xavier Felgeyrolles. Xavier est celui qui a monté le festival Jazz en Tête en 1989. On se rencontrait souvent à La Montagne, et on allait voir des concerts de jazz ensemble. Puis un jour, il m’annonce : « Je crois que je vais monter un festival de jazz. Est-ce que tu veux être de la partie ? » Et j’ai accepté la proposition. J’ai pu devenir un des fondateurs du festival de Jazz en Tête. Le festival existe toujours et a fêté, l’année dernière, sa 38e édition.
Maintenant, c’est terminé ce genre de rapport avec la population. Aujourd’hui, quand on rentre à La Montagne, il faut de suite montrer patte blanche. Tout est fermé, verrouillé. Il faut qu’un journaliste descende pour vous ouvrir la porte. À l’époque, pas du tout.
Mai 68, on recevait les syndicats. C’était porte ouverte. Avec toute cette effervescence politique, les syndicats nous transmettaient leurs communiqués. On les passait tous. Quelque soit le bord. De gauche, de droite, du centre, de la CGT, de la CFTC, de la CFDT,… Et il n’y a jamais eu d’accident. Jamais de problème même avec les gens qui manifestaient dur. Je pense que La Montagne n’a jamais vendu autant de journaux qu’à cette époque-là.
« On leur posait des questions en même temps qu’on leur fournissait le café et les croissants. »
Vu que je travaillais le soir, le matin j’étais assez libre. Je suivais des cours de psychologie sociale, une bonne partie en tout cas. J’ai pu passer une maîtrise de psychologie, puis un DEA en sociologie (diplôme d’études approfondies). Ensuite, j’ai profité de ces temps libres pour donner des cours à la faculté des lettres notamment.
C’est-à-dire, on pouvait inviter des personnages comme un politique, le commandant des pompiers, le directeur de la sécurité sociale par exemple. On était une dizaine en tout. Et, nous les journalistes, on leur posait des questions en même temps qu’on leur fournissait le café et les croissants.
Mais on comptait plus de communicants que de journalistes. Les journalistes manquaient de curiosité. C’est dommage, car ce genre de rencontres donnait de bons reportages.
Classement du jeu Good News / Fake News
| Émilie Fernandez | 5/7 |
| Damien Caillard | 5/7 |
| Frédéric Torrent | 4/7 |
| Lila Boulandet | 3/7 |
| Daniel Desthomas | ??? |