Elle rencontrait les agriculteurs de toute l’Auvergne, Bénédicte Boissier revient aujourd’hui sur son parcours. Journaliste notamment pour le monde agricole, Bénédicte nous transmet ses nombreuses anecdotes dans ce portrait. Il est à retrouver via cet article ou en podcast via ce lien.
Ils et elles m’ont aidé à m’introduire chez les agriculteurs. Ce n’est pas facile car les exploitants agricoles expriment de la méfiance envers les journalistes. Donc je tiens vraiment à souligner cette aide humaine, cette aide qui m’a permis d’avoir quelques papiers.
Donc tu arrives, ils te remarquent : « Oh là, une journaliste ! » Heureusement, comme je te le racontais, j’étais accompagnée par des connaissances de ces agriculteurs. « Tu sais ? Bénédicte, c’est une amie. Tu peux lui faire confiance. »
Tu rentres dans l’étable, tu discutes, tu prends note, et souvent tu te cailles. Et à la fin de l’échange, après un bon café, ils te demandent : « Je pourrai relire ? — Non, par contre je t’assure que cela va bien se passer. »
« Cette colère ? Il faut l’entendre. »
Au départ, je ne connaissais vraiment rien à l’agriculture. Et plus ça allait, plus j’apprenais sur le milieu, plus j’ai trouvé les personnes formidables. Évidemment, il m’est arrivé de rencontrer des personnes hostiles où nous avons dû rebrousser chemin. Mais c’était une part infime.
Tu voyais plutôt la face de la passion de ces agriculteurs. Tu comprends tout l’amour qu’ils portent à leur métier. C’étaient des personnes qui avaient les mains dans le cambouis. « Au cul des vaches », comme disait Jacques Chirac. Et ces vaches, elles adorent leurs agriculteurs.
Bénédicte, une femme pas destinée au journalisme…
Quand j’ai pris ma retraite, on m’est tombé dessus. « Qu’est-ce que tu es nantie ! » Mais je ne l’ai pas volée ma retraite, j’ai travaillé pour.
« J’ai assisté à une collecte de semence du taureau. A 35 ans, ça m’avait mis mal ! »
Et un jour, mon mari prit le train pour se rendre à Clermont-Ferrand. Il tomba sur une connaissance. Cet homme sauta sur l’occasion pour lui présenter son offre : « Si Bénédicte cherche un poste, il y a la DATAR [Délégation interministérielle à l’aménagement du territoire et à l’action régionale] qui cherche un secrétaire général. » Mon mari m’en a parlé, j’y suis direct allée.
Je regarde les offres à droite et à gauche, jusqu’à l’appel d’une copine. Elle m’annonce qu’un poste libéré pourrait me convenir. Lequel ? Journaliste pour le BTIA, le bulletin technique de l’insémination animale.
Même si je n’avais aucune compétence dans ce domaine, je savais rédiger et c’est pour cette raison que j’ai été acceptée. Ma première mission ? Assister à une collecte de semence du taureau. A 35 ans, ça m’avait mis mal !
Les petits-déjeuners de presse, un classique !
On a essayé de relancer cette habitudes des petits-déjeuners de presse, il n’y avait personne. Ah si ! La dernière fois, on avait invité un homme qui avait mis une caméra sur un aigle au dessus du Sancy. Et là, par contre, on avait attiré du monde. Peut-être que le fait de trouver un thème clinquant est la clé ? Un thème qui buzz.
On peut inviter un élu de la ville, et il s’explique. Moi, je me suis posée longtemps la question. Je ne comprenais pas la raison. Jusqu’au jour où on m’explique que c’est de la faute des câbles sous-terrain. Il n’y a pas assez de racines au fond, si on ne les coupe pas, les arbres se déracinent. Tu vois ? Là l’échange fut primordial dans ma compréhension du sujet.
« Ce métier est ingrat. »
Et on devait attendre. Généralement, on comptait autour de la table un journaliste d’Info Magazine, quelqu’un du Semeur Hebdo et moi de l’Auvergne Agricole. Tu vois déjà que cela attirait quasi exclusivement que la presse écrite, la télévision ne venait que bien trop rarement.
Et une fois, à force d’attendre très longtemps le journaliste de La Montagne, je suis partie. Je suis sortie avec deux, trois collègues. Mais les acteurs, tant qu’ils avaient La Montagne, ils s’en fichaient pas mal.
Je préfère encore être journaliste, mais de très loin. Quand on t’attribue toute la faute dès que l’idée se plante, c’est dur.
Le Top 10 du jeu Good News / Fake News
| Hadrien Barrau | 7/7 |
| Nicolas Cheviron | 7/7 |
| Géraldine Houot | 6/7 |
| Marc Chaumeix | 5/7 |
| Daniel Desthomas | 5/7 |
| Damien Caillard | 5/7 |
| Émilie Fernandez | 5/7 |
| Sonia Reyne | 4/7 |
| Frédéric Torrent | 4/7 |
| Adrien Fillon | 3/7 |
| Bénédicte Boissier | ??? |